Comment bien régler un appareil photo ?

Lorsque l’on débute en photographie, on ne sait pas toujours comment régler son appareil photo. Le mode automatique peut constituer une solution simple et rapide, mais il n’offre que peu de flexibilité et de contrôle créatif. Pour obtenir de meilleurs résultats, vous aurez besoin de prendre la main sur les différents paramètres et réglages de l’appareil. Pour ce faire, examinons en détail les différents modes et paramètres de votre appareil pour apprendre à le régler facilement en toutes circonstances. 

Les réglages d’exposition 

Votre appareil photo vous offre d’innombrables réglages et paramètres pour ajuster l’image, mais seuls trois ont un impact réel sur l’exposition de l’image. Il s’agit de la sensibilité ISO, de l’ouverture et de la vitesse d’obturation. Ces trois paramètres sont étroitement liés par ce que l’on appelle le triangle d’exposition. Si vous modifiez un de ces paramètres, vous devez au minimum composer avec un second pour conserver le même niveau de luminosité. Découvrez plus en détail le rôle de chacun de ces réglages. 

L’ouverture 

Notée f/nombre dans les réglages de l’appareil, l’ouverture du diaphragme agit sur la quantité de lumière que l’objectif laisse se diriger vers le capteur. Plus le f/nombre utilisé est petit, plus l’ouverture est grande. Inversement, un plus grand f/nombre introduit une ouverture plus étroite et une luminosité entrante plus faible. Par conséquent, régler votre appareil photo sur une ouverture de f/1,4 ou f/1,8 laissera entrer plus de lumière qu’avec une ouverture de f/16, par exemple. L’ouverture maximale que vous pouvez régler est en revanche définie par l’objectif associé. Les modèles d’entrée de gamme ou de kit sont généralement peu lumineux, avec une ouverture maximale de f/4 ou f/5,6, par exemple. D’autres sont beaucoup plus lumineux, avec de grandes ouvertures comme f/1,2, f/1,4 ou f/1,8. 

En plus d’agir sur l’exposition, le réglage de l’ouverture présente également un impact sur la profondeur de champ de l’image. En effet, plus le réglage de l’appareil photo utilise une grande ouverture (petit f/nombre), plus la profondeur de champ est réduite, signifiant que les éléments en dehors de la zone de focalisation sont flous. C’est pour cela qu’une grande ouverture est utilisée en portrait afin d’isoler efficacement le sujet du reste de l’image. À l’inverse, une plus petite ouverture (plus grand f/nombre) est employée pour étendre la profondeur de champ comme cela est nécessaire en photo de paysage. 

En photographie de portrait, une grande ouverture permet de réduire la profondeur de champ pour isoler plus efficacement le sujet. 

La vitesse d’obturation 

La vitesse d’obturation est le second réglage d’un appareil photo que vous pouvez utiliser pour ajuster l’exposition d’une image. Ce paramètre définit la durée durant laquelle l’obturateur mécanique ou électrique de l’appareil s’ouvre pour exposer le capteur numérique à la lumière. Ce réglage est noté en fraction de seconde (1/50s, 1/100s, 1/2000s, etc.) ou en seconde (1”, 2”, 5”… jusqu’à 30 secondes sur la plupart des appareils). Plus cette vitesse est longue, plus l’appareil photo enregistre longtemps la lumière. Par conséquent, étendre la durée de l’exposition revient à augmenter la luminosité de l’image. Chaque fois que la durée d’exposition est doublée, l’image est deux fois plus lumineuse, si aucun autre paramètre d’exposition n’est modifié. 

Le réglage de la vitesse d’obturation peut être contraint à la scène ou aux conditions de la prise de vue. Si le sujet est en mouvement, il est nécessaire d’utiliser une vitesse d’obturation très courte pour le figer. Une vitesse d’environ 1/600s permet de capturer la plupart des sujets en mouvement. Seuls les sujets qui bougent très vite comme des voitures nécessitent une vitesse plus élevée. À l’inverse, vous pouvez étendre la durée de l’exposition pour rendre le sujet flou afin de démontrer son déplacement ou de créer une pose longue sur une étendue d’eau, par exemple. Cependant, plus la durée de l’exposition est longue, plus il y a un risque de faire apparaître du flou de bougé lorsque vous photographiez à main levée. En règle générale, gardez la vitesse d’obturation sur un nombre égal ou supérieur à votre distance focale. Par exemple, si vous photographiez à main levée avec un objectif de 50 mm, évitez d’utiliser une vitesse inférieure à 1/50s pour ne pas dégrader la qualité d’image. Si l’utilisation d’une vitesse d’obturation plus lente est nécessaire, que ce soit par manque de luminosité ambiante ou pour réaliser des effets créatifs, alors l’emploi d’un trépied devient indispensable. 

Vous pouvez régler l’appareil photo sur une vitesse d’obturation élevée pour figer un sujet en mouvement. 

La sensibilité ISO 

La sensibilité ISO est le dernier réglage de l’appareil qui agit sur l’exposition d’une image. Plus ce paramètre est ajusté sur une valeur élevée, plus le capteur se montre sensible à la lumière, permettant d’exposer plus rapidement une image. Par conséquent, avec une vitesse de 1/100s, une ouverture de f/2,8 et une sensibilité de 100 ISO, vous obtiendrez la même exposition qu’avec une sensibilité de 200 ISO, une vitesse de 1/200s et une ouverture de f/2,8. Ce gain s’effectue cependant par traitement numérique et risque d’engendrer du bruit (nombreux grains sur l’image) lors de l’emploi d’une sensibilité ISO trop élevée. Il est donc nécessaire de toujours utiliser la sensibilité ISO la plus basse possible, en fonction des conditions lumineuses de la scène. Lors d’une journée ensoleillée, une sensibilité de 100 ISO constitue généralement un bon point de départ. Si le temps est nuageux, vous pouvez légèrement l’augmenter à 200 ou 400 ISO. Enfin, à l’intérieur ou dans un environnement sombre, vous pourrez monter davantage, à condition de rester sous la valeur maximale tolérée par votre appareil. Si cela n’est pas possible, placez votre appareil sur un trépied pour utiliser une vitesse d’obturation plus longue. 

Pour maximiser la qualité de cette image, la sensibilité ISO est configurée à sa valeur minimale (100 ISO) et la luminosité de la scène a été obtenue en étendant la durée de l’exposition. 

Les différents modes de l’appareil 

En mode automatique, l’appareil photo détermine par lui-même les paramètres de l’image. Ces derniers ne correspondent cependant pas toujours à la photo que vous souhaitez obtenir. L’image risque de manquer de netteté, d’avoir une profondeur de champ trop grande ou encore une exposition incorrecte. Prendre la main sur les différents paramètres de l’appareil est donc indispensable pour capturer l’image comme vous le désirez. Pour ce faire, il n’est pas toujours nécessaire d’utiliser le mode manuel qui peut être déroutant pour un photographe débutant. Tous les appareils numériques modernes proposent ainsi des modes semi-automatiques qui vous permettent d’ajuster plus simplement certains paramètres d’exposition. Parmi ces modes, la priorité à l’ouverture et la priorité à la vitesse sont les plus importants. 

Le mode priorité à l’ouverture 

Dans près de 80 % des situations, le mode priorité à l’ouverture (mode AV ou A sur la molette de l’appareil) est celui qui vous permettra de capturer le plus rapidement possible une image, tout en conservant le contrôle de certains aspects créatifs. Dans ce mode, vous définissez l’ouverture, puis l’appareil ajuste automatiquement la vitesse d’obturation pour parvenir à une exposition correcte de l’image. La sensibilité peut quant à elle être définie automatiquement, avec une valeur limite à ne pas dépasser. Vous pouvez ainsi rapidement sélectionner l’ouverture qui correspond le mieux à votre image (grande ouverture pour du portrait ou plus petite pour du paysage), sans vous soucier de l’exposition de l’image. C’est très simple et intuitif à utiliser. Si l’image obtenue est légèrement trop sombre ou trop lumineuse, il suffit d’ajuster les paramètres avec la correction d’exposition de l’appareil. L’utilisation de ce mode peut cependant devenir plus complexe dans des conditions de faible luminosité, car l’appareil risque d’utiliser une vitesse d’obturation trop longue, ne permettant pas de conserver une netteté suffisante à main levée. Il devient alors nécessaire de changer de mode ou de placer l’appareil sur un trépied. 

À lire : maîtriser le mode priorité à l’ouverture 

La priorité à l’ouverture (mode A ou AV) facilite la prise de vue en vous confiant uniquement le réglage de l’ouverture pour déterminer la profondeur de champ de l’image. 

Le mode priorité à la vitesse 

Le mode priorité à la vitesse (mode S ou TV sur la molette de l’appareil) s’impose comme la solution la plus simple lorsque vous avez besoin de prendre le contrôle sur la vitesse d’obturation. Ce dernier fonctionne de la même manière que la priorité à l’ouverture, à l’exception que vous avez la possibilité d’ajuster la vitesse d’obturation à la place de l’ouverture. Vous pouvez ainsi utiliser une vitesse très courte pour figer l’action d’un sujet en mouvement, ou au contraire étendre la durée de l’exposition pour obtenir un filé sur les éléments en mouvement. Vous pourrez ainsi obtenir des effets créatifs comme des traînées lumineuses sur les voitures ou une eau lisse et cotonneuse sur une rivière, par exemple. 

À lire : maîtriser le mode priorité à la vitesse 

Le mode priorité à la vitesse (S ou TV sur l’appareil) est idéal pour photographier un sujet en mouvement.

Le mode manuel 

Le mode manuel vous permet quant à lui d’ajuster par vous-même l’intégralité des paramètres du triangle d’exposition. Aucun réglage ne sera ainsi changé sans votre intervention. De ce fait, le mode manuel peut être assez déroutant pour un photographe débutant et de nombreux essais peuvent être nécessaires pour parvenir au bon équilibre entre les différents réglages. Cependant, ce mode peut être nécessaire lorsque vous avez besoin d’obtenir une exposition constante entre différentes images. Avec les précédents modes semi-automatiques, il risque en effet d’y avoir quelques différences d’exposition ou de profondeur de champ d’une image à l’autre. 

À lire : comment utiliser le mode manuel d’un appareil photo ?

Pour les photographes plus expérimentés, le mode manuel permet de définir par soi-même les trois paramètres d’exposition et d’obtenir des réglages constants d’une image à l’autre. 

Réglage de la mise au point 

De base, l’appareil photo réalise de lui-même la mise au point sur ce qu’il pense être le sujet. Souvent, il s’agit de l’élément le plus proche de l’appareil ou le plus contrasté de la scène. Cependant, celui-ci ne correspond pas toujours à l’élément prioritaire de l’image. Vous devez donc toujours vous assurer de régler l’appareil photo sur un mode autofocus adapté à votre sujet ou à la scène. Pour un sujet immobile, vous pouvez utiliser le mode de mise au point sur zone unique, appelé AF zone unique, AF One Shot ou AF-S. Pour un sujet en mouvement, privilégiez la mise au point en continu pour que la zone de focalisation s’adapte en temps réel à votre sujet. Pour un réglage encore plus simple, certains appareils disposent d’un mode hybride qui bascule automatiquement entre le mode de mise au point une zone et le mode continu. Cette fonction est appelée AF-A sur les appareils Nikon ou AI Focus AF sur les modèles Canon. 

À lire : quel mode autofocus choisir pour son appareil ?

Il est indispensable d’utiliser un mode autofocus adapté au sujet photographié afin d’obtenir une netteté optimale sur la zone désirée. 

Le format d’image 

Le format d’image présente également une grande importante pour bien régler un appareil photo. Pour ce faire, différentes options sont disponibles, avec notamment la possibilité de photographier en JPEG ou en RAW. Concrètement, le JPEG offre une image pré-développée par l’appareil, permettant ainsi de l’exploiter directement, de l’imprimer ou encore de la partager sur les réseaux sociaux sans avoir à modifier par vous-même l’image. Il s’agit donc du format à privilégier si vous cherchez une solution simple, rapide et sans avoir à passer du temps en post-traitement. 

Le fichier RAW est quant à lui un fichier brut, pouvant s’apparenter à un négatif numérique. Les images ne sont pas traitées et nécessitent d’être retouchées à l’aide d’un logiciel comme Lightroom ou Adobe Camera Raw pour être développées et exploitables. Ces fichiers sont donc à privilégier si vous désirez retoucher plus précisément chaque aspect de l’image. Vous pouvez ajuster la teinte, les hautes lumières ou encore les ombres de manière plus souple et plus précise qu’avec un fichier JPEG. 

Photographier en RAW vous permet d’ajuster avec précision chaque paramètre de l’image en post-traitement.

Conclusion 

Bien régler un appareil photo n’est pas aussi complexe qu’il y paraît. En prenant le contrôle des différents paramètres, vous pourrez éviter les problèmes courants des photographes débutants, tels que les images floues ou encore la sous-exposition. Vous pourrez ainsi capturer des images toujours bien exposées, de meilleure qualité et plus créatives. Pour vous initier, apprenez chaque réglage indépendamment, notamment en utilisant les modes semi-automatiques. Avec un peu de pratique, vous saurez instantanément quels réglages utiliser pour capturer n’importe quelle scène qui se présente à vous. 

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