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​​Quand et comment observer et photographier les Perséides 2025 ? 

Chaque année, la pluie d’étoiles filantes des Perséides, issue de la comète 109P/Swift‑Tuttle, offre un spectacle céleste spectaculaire. En 2025, le pic est prévu dans la nuit du 12 au 13 août. Ce guide vous explique quand et comment l’observer en France et vous dévoile les meilleures techniques pour photographier ce spectacle céleste. 

Quand observer les Perséides en 2025 ? 

Le phénomène des Perséides n’est pas l’affaire d’une seule nuit. Il s’agit d’un essaim météoritique actif pendant plusieurs semaines, généralement du 17 juillet au 24 août, avec un pic d’activité situé entre le 11 et le 14 août. Cette année, le maximum d’intensité est prévu dans la nuit du 12 au 13 août, avec un pic calculé autour de 13 h 15 TU, soit 15 h 15 en heure locale française. Ce pic théorique n’est pas observable directement puisqu’il a lieu en plein jour, mais la période qui l’encadre reste très favorable, notamment entre deux et cinq heures du matin, lorsque le radiant (la zone d’où semblent provenir les météores) atteint sa plus haute position dans le ciel. 

Il faudra toutefois composer avec la lumière lunaire, car la Lune, bien qu’en phase décroissante, sera encore très présente, affichant près de 90 % de sa surface éclairée. Sa lueur pourrait atténuer l’éclat des météores les plus discrets. Néanmoins, les bolides, ces étoiles filantes particulièrement lumineuses, resteront visibles et photogéniques. Il est donc recommandé de viser la deuxième partie de la nuit, à l’approche de l’aube, quand la Lune se rapproche de l’horizon et perd un peu de son influence.

Le pic d’activité des Perséides 2025 est prévu dans la nuit du 12 au 13 août. La deuxième partie de la nuit, entre 2 h et 5 h du matin, reste la période la plus favorable pour les observer malgré la clarté lunaire.

Où observer les Perséides en 2025 ?

Observer et photographier les Perséides impose de se couper de toute source de pollution lumineuse. Les halos urbains réduisent considérablement la visibilité des météores, surtout ceux de faible intensité. Pour un résultat optimal, il faut donc s’éloigner des agglomérations, viser un horizon dégagé et, si possible, s’installer à une altitude modérée, là où l’air est plus pur et le ciel plus transparent.

Les massifs montagneux français offrent de nombreux sites adaptés : le Parc national des Cévennes, reconnu Réserve internationale de ciel étoilé, en est un exemple emblématique. D’autres lieux comme le Queyras, le Vercors ou encore le plateau de Valensole dans les Alpes-de-Haute-Provence sont également réputés pour la qualité de leur ciel nocturne. En plaine, certaines zones du Massif Central ou de la Bretagne intérieure restent relativement épargnées par la pollution lumineuse. Même en Île-de-France, il est possible de trouver des zones d’observation correctes dans des forêts profondes comme celle de Fontainebleau, à condition de bien s’orienter.

Pour bien observer les étoiles filantes, mieux vaut s’éloigner des lumières urbaines. 

Pendant la période des Perséides, les étoiles filantes sont visibles sur l’ensemble de la voûte céleste. Toutefois, pour maximiser vos chances de les photographier, mieux vaut orienter votre appareil en direction de la constellation de Persée. C’est en effet depuis cette zone que semblent surgir les météores de cet essaim, d’où leur nom. Rassurez-vous, nul besoin d’être astronome amateur pour repérer Persée. Il suffit d’attendre la tombée de la nuit, puis de chercher la constellation de Cassiopée, facilement reconnaissable à sa forme en “W” caractéristique. Persée se trouve juste en dessous, légèrement vers le nord. Et si vous avez du mal à l’identifier à l’œil nu, de nombreuses applications gratuites pour smartphone peuvent vous guider. Star Walk, Star Chart ou encore GoSkyWatch affichent en temps réel la carte du ciel selon votre position et l’orientation de votre téléphone. 

Préparer son matériel pour réussir ses photos

Le choix de l’équipement est déterminant pour photographier les Perséides avec succès. Un appareil reflex ou hybride doté d’un mode manuel complet est indispensable. Il doit permettre le réglage indépendant de la sensibilité ISO, de la vitesse d’exposition, de l’ouverture du diaphragme et de la mise au point. Le format RAW est vivement recommandé, car il offre une grande latitude de correction à l’étape du post-traitement.

L’objectif joue un rôle central. Un grand-angle lumineux, de 14 à 35 mm selon la taille du capteur, permet d’englober une large portion de ciel et de maximiser les chances de capturer plusieurs météores sur une seule image. L’ouverture doit être aussi grande que possible, idéalement de f/2.8 ou plus afin de laisser passer un maximum de lumière dans un temps d’exposition limité.

Le trépied est un incontournable. Il garantit une stabilité absolue pendant les poses longues, sans quoi les étoiles seront floues. Une télécommande ou un retardateur permet de déclencher sans contact direct avec l’appareil, évitant ainsi les vibrations parasites. Il est également judicieux de prévoir plusieurs batteries chargées, des cartes mémoire de grande capacité, et pourquoi pas une monture équatoriale motorisée si vous souhaitez réaliser des poses très longues sans filé d’étoiles.

À lire : ​​Quel objectif pour de l’astrophotographie choisir ?

Un appareil parfaitement stabilisé sur un trépied est essentiel pour obtenir des images nettes des étoiles. 

Réglages conseillés pour la prise de vue

Chaque scène nocturne est différente, mais certains réglages forment une base solide à adapter selon les conditions sur place. La sensibilité ISO doit être suffisamment élevée pour capter les traînées lumineuses, généralement entre 1600 et 3200 ISO. Au-delà, le bruit numérique peut devenir trop envahissant, sauf sur les appareils les plus performants. La vitesse d’exposition idéale se situe entre 15 et 30 secondes. Des poses plus longues entraîneraient un filé des étoiles dû à la rotation de la Terre, sauf si l’on utilise une monture de suivi. L’ouverture, quant à elle, doit être réglée au maximum permis par l’objectif, souvent f/2.8, parfois f/1.8 ou f/1.4 sur les optiques plus spécialisées.

Un objectif grand angle lumineux facilite la capture des étoiles filantes. 

La mise au point est un élément déterminant. L’autofocus est inopérant dans le noir. Il faut donc passer en mode manuel, faire la mise au point sur une étoile brillante à l’aide du zoom numérique en live view, puis verrouiller la bague. Certains photographes collent même un petit ruban adhésif pour éviter tout décalage accidentel. Vérifier régulièrement la netteté pendant la séance reste une précaution utile.

Enfin, désactiver le système de réduction de bruit des poses longues permet d’accélérer la cadence des prises, car cette fonction double le temps entre deux clichés. Il vaut mieux traiter le bruit ultérieurement en post-production que perdre de précieuses minutes pendant la nuit.

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Privilégiez une faible sensibilité ISO pour limiter l’apparition de bruit sur l’image. 

Une approche créative et stratégique

Photographier les Perséides ne se résume pas à appuyer sur le déclencheur en espérant capturer une traînée lumineuse. Il s’agit d’un véritable exercice de patience, de composition et d’anticipation. L’idéal est de lancer une série d’images automatisée via un intervallomètre ou une application mobile. L’appareil prend alors une photo toutes les 30 secondes, en continu, pendant une ou deux heures. Cette approche maximise les chances de capturer un météore sur l’une ou l’autre image, sans avoir à surveiller en permanence l’appareil.

Mais au-delà de l’aspect technique, il est important de penser à l’image dans son ensemble. Le ciel seul peut être spectaculaire, mais un cadrage soigné intégrant un premier plan travaillé donne à la photo toute sa dimension artistique. Un arbre solitaire, une silhouette humaine en ombre chinoise, un sommet de montagne ou les ruines d’un bâtiment éclairés faiblement peuvent transformer une simple photo d’étoile filante en une scène plus forte.

Par ailleurs, on peut choisir de combiner plusieurs images dans un montage pour créer une photo composite. En superposant différentes traînées capturées au fil de la nuit sur un même fond de ciel, on donne une impression de profusion tout en conservant la véracité du phénomène.

Il est possible d’assembler plusieurs images pour multiplier les étoiles filantes sur la même photo. 

Post-traitement : sublimer sans trahir

Le travail ne s’arrête pas au moment du déclenchement. Le développement des fichiers est une étape essentielle pour révéler toute la beauté des images nocturnes. L’exposition globale peut être ajustée, tout comme le contraste et la balance des blancs, souvent biaisée par les dominantes bleues ou orangées des éclairages résiduels.

Le bruit numérique, inévitable à haute sensibilité, peut être atténué avec des outils spécialisés. Les logiciels comme Lightroom, DxO PhotoLab ou Topaz DeNoise permettent d’obtenir un résultat propre tout en préservant les détails du ciel. La courbe de tonalité permet de faire ressortir les traînées lumineuses sans noyer le fond étoilé. Enfin, le recadrage, souvent négligé, peut renforcer la dynamique de l’image en équilibrant les masses visuelles et en guidant le regard vers les points lumineux.

Dans le cas de montages multi-images, un travail plus poussé avec des masques de fusion sur Photoshop est nécessaire. Il s’agit alors d’un véritable travail de composition numérique, mais à partir d’éléments authentiques, fidèles au phénomène observé.

Photographier les Perséides est une épreuve de patience et de passion. Rien n’est garanti. Il se peut que la météo soit capricieuse, que les traînées se fassent rares, que la technique trahisse nos intentions. Mais lorsque l’alchimie opère, que le ciel s’illumine d’une pluie d’éclats et que l’appareil immortalise ce ballet silencieux, la satisfaction est immense. Alors, en cette nuit du 12 au 13 août 2025, que vous soyez perché sur un sommet alpin, installé sur une dune bretonne ou simplement dans un champ isolé, prenez le temps de regarder vers le ciel. 

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