Portrait

Comment faire de la photographie de danse ? 

La photographie de danse est un art captivant illustrant la dynamique, la fluidité et la grâce des danseurs en action. Mais cette discipline implique des défis uniques en raison de la rapidité et de la complexité des mouvements. Vous devez avoir une bonne compréhension des réglages de votre appareil, utiliser un équipement adapté et anticiper les déplacements du sujet. Que ce soit pour immortaliser le spectacle de vos enfants, un concours de danse professionnel, de la danse de rue ou une réception de mariage, ces conseils vous permettront de capturer de magnifiques photos de danse. 

Comprendre la danse pour mieux la photographier 

La photographie de danse est un dialogue silencieux entre deux arts. Pour capturer son essence, il est essentiel de bien connaître cette discipline. Cela vous permettra d’anticiper les mouvements du sujet afin d’ajuster les paramètres de l’appareil photo en conséquence. Suivant le style de danse que vous photographiez, les défis ne seront pas les mêmes. 

Ballet classique : le ballet se distingue par sa grâce, sa discipline et ses mouvements précis. Les danseurs exécutent des sauts élaborés, des pirouettes et des poses qui défient la gravité, souvent dans des décors somptueux. En photographie, cela exige un sens aigu du timing pour saisir la légèreté, ainsi qu’une appréciation de la lumière pour mettre en valeur les costumes et les expressions.

Danse contemporaine : moins formelle et plus expérimentale, la danse contemporaine joue avec l’équilibre, le flux des mouvements et une expression brute. La photographie de danse contemporaine est souvent une exploration de l’espace, du mouvement flou et de la capture de moments chargés d’émotion.

Street dance et hip-hop : dynamiques, spontanées et énergiques, ces formes de danse sont marquées par des mouvements rythmiques rapides, des acrobaties et une interaction intense avec le sol. Le défi ici réside dans la capacité à geler l’action instantanée, à saisir l’attitude et le style, tout en jouant avec des environnements urbains souvent imprévisibles.

Il est important de bien connaître le style de danse que vous photographiez pour anticiper au maximum les actions du sujet. 

Comment figer l’action des danseurs ? 

Pour la plupart des situations, une vitesse d’obturation d’au moins 1/500e de seconde est recommandée pour figer l’action et capturer les mouvements du danseur sans flou. Cette vitesse d’obturation élevée réduit cependant la quantité de lumière captée par l’appareil. Il peut donc être nécessaire de compenser en utilisant une ouverture plus large ou en augmentant la sensibilité ISO, tout en faisant attention au bruit. En intérieur, vous devrez parfois avoir recours à un flash pour compenser le manque de luminosité et figer l’action. Optez alors pour le mode de synchronisation haute vitesse afin de pouvoir utiliser une vitesse d’obturation supérieure à 1/200s tout en obtenant une exposition homogène sur l’ensemble de l’image. 

À lire : comment figer un mouvement en photographie ? 

Une vitesse d’obturation d’au moins 1/500s est essentielle pour figer les mouvements des danseurs. En intérieur, un flash pourra être nécessaire pour obtenir une exposition correcte. 

Comment réaliser la mise au point ? 

La netteté du sujet sera également impactée par votre capacité à réaliser la mise au point sur la bonne zone de l’image. Idéalement, optez pour le mode autofocus continu (AF-C pour Nikon et AL servo pour Canon) afin que votre appareil puisse adapter en temps réel la mise au point pour s’adapter aux déplacements et aux mouvements du sujet. Ce dernier restera ainsi toujours dans la zone de netteté de l’image, vous assurant d’obtenir des images nettes et détaillées. Dans des conditions de très faible éclairage, l’autofocus risque cependant de manquer de réactivité, particulièrement avec un appareil d’ancienne génération. Il convient alors de réaliser manuellement la mise au point en anticipant l’emplacement où l’action va se produire pour adapter le focus avant que le sujet ne soit en place. Beaucoup d’appareils offrent un zoom numérique ou un focus peaking pour affiner manuellement la mise au point. Un trépied ou un monopode s’avère ici idéal pour conserver la même position et éviter d’avoir à refaire le focus pour chaque image. 

Utilisez le mode de mise au point en continu pour une netteté toujours optimale sur le sujet. 

Créer un effet de flou artistique 

Parfois, le flou artistique peut ajouter une dimension supplémentaire à vos images, traduisant la fluidité et l’énergie des danseurs de manière plus poétique. La clé consiste alors à utiliser une vitesse d’obturation étendue, généralement entre 1/30 et 1/60s. Pour un résultat optimal, vous pouvez utiliser le flash à synchronisation lente consistant à déclencher le flash au début ou à la fin de l’exposition. Cela va permettre de figer le début ou la fin de l’action tout en transformant le reste des mouvements en longues traînées cotonneuses. La synchronisation entre votre appareil et le flash peut s’effectuer au premier ou second rideau. Dans le premier cas, le sujet sera figé au début de la prise de vue, puis le reste de ses mouvements seront flous. Cela peut donner l’impression que les mouvements sont inversés. La synchronisation au second rideau est donc préférable pour figer l’action à la fin de l’exposition et représenter fidèlement son déplacement. 

À lire : comment utiliser le flash à synchronisation lente pour des effets créatifs ? 

Avec une vitesse d’obturation étendue et un flash à synchronisation lente, vous pouvez transformer les mouvements du sujet en flou artistique. 

Quel objectif pour la photo de danse ? 

Le choix de l’objectif est déterminant dans la photographie de danse, influençant non seulement la qualité de l’image, mais aussi la manière dont vous capturez l’émotion et l’énergie des danseurs. Idéalement, l’objectif doit présenter une grande ouverture comprise entre f/1,4 et f/2,8 pour maximiser la capture de la lumière et faciliter l’utilisation d’une vitesse d’obturation élevée. Le choix de la focale va dépendre de votre position dans la salle, mais aussi du rendu désiré. Un objectif grand angle ou standard comme les Canon RF 35 mm f/1,8, Nikon Z 35 mm f/1.8 S et Sony 50 mm f/1,4 DG est parfait si vous souhaitez capturer toute la scène pour illustrer le ballet et le récital dans son intégralité. En revanche, pour capturer en gros plan un danseur spécifique ou réaliser des vues des détails, l’utilisation d’un téléobjectif comme les Sony FE 70-200 mm f/2,8, Canon EF 70-200 mm f/2,8L et Canon RF 70-200 mm f/2,8L est essentielle. Si vous hésitez entre plusieurs optiques, un zoom de 24-70 mm comme le Canon EF 24-70 mm f/2.8L ou Sigma 24-70 mm f/2,8 est parfait. 

L’objectif Canon RF 50 mm f/1,2 L est un modèle ultra lumineux, idéal pour figer les actions des danseurs en intérieur. canon ccaccc

Se focaliser sur les détails 

Alors que les plans larges capturent l’ampleur et la dynamique de la performance, ce sont souvent les détails et les gros plans qui racontent les histoires les plus puissantes. Un lacet dénoué, une goutte de sueur perçant le maquillage, les plis d’une robe qui virevolte sont autant d’éléments qui, bien capturés, ajoutent une couche narrative à vos images. Ces éléments sont les pièces d’un puzzle plus vaste qui, ensemble, forment le tableau complet de la performance. Ces détails ignorés dans les vues larges apportent de la profondeur et renforcent les émotions transmises à travers vos images. Vous pouvez également décomposer la scène en une série de détails pour créer des diptyques. Choisissez des images qui se complètent ou se contrastent de manière intéressante. Par exemple, un plan large d’une performance dans sa globalité à côté d’un gros plan sur les pieds du danseur, capturant le mouvement et l’effort.

Il est important de se concentrer sur les détails du sujet pour créer un récit complet et illustrer la performance de manière plus intime. 

La photo de danse dans des lieux insolites

La photographie de danse dans des lieux insolites est un genre très populaire pour associer la grâce et l’éloquence de la danse à des environnements inattendus. La première étape consiste à dénicher des lieux qui offrent un contraste ou une complémentarité avec l’expression du danseur. Des ruines industrielles aux forêts, en passant par les toits urbains au coucher du soleil, chaque lieu a son histoire à raconter. Prenez le temps d’explorer et de photographier le lieu avant la séance pour identifier les meilleurs angles, la qualité de la lumière et les éventuels défis logistiques. Lors de la séquence, surveillez que l’arrière-plan ne surcharge pas l’image, au risque de détourner l’attention du spectateur. En extérieur, essayez si possible d’exploiter au maximum la lumière naturelle pour souligner l’interaction entre le danseur et son environnement. Vous pouvez également photographier à contre-jour pour capturer uniquement la silhouette du danseur. 

Très faciles à réaliser, les photos en contre-jour mettent efficacement en lumière les mouvements des danseurs. 

Conclusion 

La photographie de danse est une activité passionnante pour capturer toutes les émotions et l’énergie de cette discipline, mais également vous perfectionner à la photo d’action. Avec de l’entraînement et une bonne compréhension des réglages de votre appareil, vous parviendrez à figer chaque pas de danse pour créer des œuvres captivantes et dynamiques. Que vous soyez un photographe expérimenté ou un novice curieux, la photographie de danse vous offre un monde riche en possibilités créatives. Dans chaque mouvement, chaque ombre, chaque jeu de lumière, il y a une beauté à découvrir et à partager.

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