Matériel photo

Sony RX10 V : que faut-il attendre du retour du bridge expert ? 

Près de neuf ans après le lancement du RX10 IV, Sony ressuscite enfin sa gamme de bridges experts avec le très attendu RX10 V. Si son prédécesseur s’était imposé comme une référence grâce à son impressionnant zoom 24-600 mm et sa polyvalence hors pair, les attentes étaient particulièrement élevées face aux progrès réalisés ces dernières années en matière d’autofocus, d’intelligence artificielle et de vidéo. Plutôt que de réinventer la formule, Sony fait le choix d’une évolution en profondeur, avec l’ambition de remettre au goût du jour un appareil toujours unique sur le marché. Suffisant pour conserver son statut de référence face aux hybrides modernes ? Voici notre analyse.

Une formule toujours unique sur le marché

À première vue, le Sony RX10 V ressemble énormément à son prédécesseur. Pourtant, cette continuité traduit surtout un constat simple : aucun constructeur ne propose aujourd’hui un appareil réellement comparable. Le RX10 V associe toujours un capteur CMOS empilé de type 1 pouce de 20 Mpx à un zoom Zeiss couvrant une plage focale équivalente à un spectaculaire 24-600 mm. Cette optique conserve une ouverture relativement lumineuse de f/2,4 au grand-angle et f/4 au téléobjectif, un niveau de performances qui demeure exceptionnel pour une plage focale aussi étendue. 

Cette polyvalence reste la véritable force de l’appareil. En quelques secondes seulement, il est possible de photographier un paysage au grand-angle, d’enchaîner sur un portrait, puis de capturer un animal distant à 600 mm sans jamais changer d’objectif. Peu d’équipements photographiques offrent une telle liberté, même parmi les hybrides à objectifs interchangeables. Cette philosophie séduit depuis longtemps les photographes naturalistes, les voyageurs ou encore les passionnés d’aviation et de sport, qui recherchent avant tout un matériel capable de répondre à toutes les situations tout en limitant le poids du sac photo.

Avec son zoom Zeiss 24-600 mm lumineux et son capteur 1 pouce, le Sony RX10 V couvre aussi bien le paysage que le portrait, la photographie animalière ou sportive, sans jamais nécessiter de changement d’objectif.

Une ergonomie entièrement remise au goût du jour

Si la fiche technique évolue avec mesure, les changements sont beaucoup plus visibles dès la prise en main. Sony s’est largement inspiré de ses hybrides Alpha les plus récents pour moderniser l’ergonomie du RX10 V. La poignée redessinée offre une meilleure préhension tandis que la disposition des commandes se rapproche désormais des appareils hybrides de la marque. L’arrivée d’un véritable joystick pour sélectionner instantanément le collimateur AF constitue probablement l’évolution la plus attendue. Les photographes habitués aux Alpha retrouveront immédiatement leurs repères avec les touches AF-ON, Fn, les nombreuses commandes personnalisables ainsi qu’une interface entièrement revue.

Sony profite également de cette nouvelle génération pour intégrer son système de menus moderne, beaucoup plus lisible que celui du RX10 IV. Les réglages sont désormais organisés de manière plus logique et les possibilités de personnalisation permettent d’adapter rapidement l’appareil à différents usages. Autre évolution particulièrement bienvenue : l’adoption de la batterie NP-FZ100 déjà utilisée sur de nombreux hybrides Sony. Sa capacité, plus de deux fois supérieure à celle de l’ancienne batterie, améliore considérablement l’autonomie et répond enfin aux attentes des photographes qui passent de longues journées sur le terrain.

Le viseur électronique progresse lui aussi avec une définition portée à 3,69 millions de points et un grossissement supérieur, offrant une visée plus confortable, plus précise et mieux adaptée aux longues séances de prise de vue.

Grâce à ses menus entièrement repensés, son joystick de sélection AF et son ergonomie inspirée des hybrides Alpha, le RX10 V offre une expérience utilisateur nettement plus intuitive.

Une électronique héritée des hybrides Sony 

Sous son apparente continuité se cache en réalité une électronique entièrement renouvelée. Le capteur empilé reste proche de celui du RX10 IV, mais il est désormais associé au processeur Bionz XR accompagné d’une unité dédiée au traitement par intelligence artificielle. Ce duo équipe déjà plusieurs hybrides récents de Sony et permet au bridge de profiter des derniers algorithmes de reconnaissance de sujets développés par le constructeur. Le bridge Sony RX10 V reconnaît ainsi automatiquement les personnes, les animaux, les oiseaux, les insectes, mais également les voitures, les trains et les avions. Les technologies de suivi en temps réel, largement éprouvées sur les Alpha, font ainsi leur apparition sur la gamme RX10.

Cette évolution représente probablement le plus grand bond technologique de cette nouvelle génération. Les performances en rafale atteignent désormais 30 images par seconde avec suivi autofocus et exposition continue, tandis que le viseur reste exempt de toute occultation pendant la prise de vue. Des caractéristiques qui placent le RX10 V parmi les bridges les plus rapides jamais commercialisés.

Grâce au processeur Bionz XR et à son unité dédiée à l’IA, le Sony RX10 V hérite de la reconnaissance intelligente des sujets des hybrides Alpha, tout en offrant une rafale jusqu’à 30 i/s avec suivi AF/AE.

Une qualité d’image toujours convaincante

En conservant un capteur empilé de 20 Mpx au format 1 pouce, Sony fait le choix de la continuité. Si cette définition peut sembler modeste face aux hybrides actuels, elle reste parfaitement adaptée à la philosophie du RX10 V. Elle permet de maintenir une cadence élevée, un traitement rapide des images et surtout d’exploiter pleinement l’impressionnant zoom 24-600 mm.

En pratique, les premiers essais montrent que le RX10 V délivre toujours d’excellents résultats lorsque les conditions lumineuses sont favorables. Les images affichent un très bon niveau de détail, des couleurs naturelles et un piqué homogène sur l’ensemble de la plage focale. Le zoom Zeiss demeure l’un des meilleurs jamais montés sur un bridge et continue d’impressionner par sa polyvalence. 

Naturellement, la taille du capteur impose certaines limites. Face aux hybrides APS-C ou plein format, la dynamique reste plus réduite et la montée en sensibilité atteint plus rapidement ses limites. On note en effet une dégradation visible du niveau de détail à partir d’environ 1 600 ISO, avec un traitement de réduction du bruit parfois un peu trop marqué sur les fichiers JPEG. Il faudra attendre la prise en charge complète des fichiers RAW par les principaux logiciels de développement pour juger pleinement du potentiel du capteur, mais le RX10 V ne bouleverse pas les lois de la physique : un capteur 1 pouce ne peut rivaliser avec des surfaces photosensibles nettement plus importantes en très basse lumière.

Grâce à son capteur empilé de 20 Mpx et à son excellent zoom Zeiss 24-600 mm, le RX10 V délivre des images détaillées et homogènes en bonne lumière, tout en assumant les limites inhérentes au format 1 pouce lorsque la sensibilité augmente.

En revanche, dès que la lumière est suffisante, le RX10 V retrouve tout son intérêt. Son téléobjectif de 600 mm permet d’isoler efficacement les sujets et produit des arrière-plans étonnamment doux pour un appareil de cette catégorie, offrant un rendu souvent supérieur à ce que l’on attend d’un bridge.

Un autofocus dopé à l’intelligence artificielle

L’arrivée du processeur Bionz XR transforme également le comportement de l’autofocus. Le suivi des personnes se révèle rapide et fiable, tandis que la reconnaissance des oiseaux ou des mammifères facilite grandement les prises de vue animalières. Le nombre de collimateurs AF, leur couverture étendue et la réactivité générale placent clairement le RX10 V plusieurs générations devant son prédécesseur.

Pour autant, cette évolution ne gomme pas totalement les limites du système. L’autofocus perd parfois en efficacité lorsque la lumière diminue ou lorsque le sujet évolue dans un environnement particulièrement chargé. Les petits animaux rapides, les insectes ou certains oiseaux en mouvement restent des sujets exigeants qui mettent parfois le système en difficulté. Ces remarques ne remettent pas en cause les progrès réalisés, mais elles montrent que Sony n’a pas totalement transposé les performances de ses hybrides haut de gamme dans un bridge doté d’un zoom aussi ambitieux.

Le nouvel autofocus assisté par intelligence artificielle améliore sensiblement le suivi des sujets et la réactivité du RX10 V, notamment en photographie animalière et sportive.

La vidéo comme terrain d’expression

S’il existe un domaine où cette nouvelle génération franchit un véritable cap, c’est bien celui de la vidéo. Le RX10 IV faisait déjà figure de référence à sa sortie, mais les standards ont énormément évolué depuis 2017. Sony met donc le RX10 V au niveau de ses hybrides récents avec un enregistrement en 4K jusqu’à 120 images par seconde (avec un léger recadrage), la 4K 60p sur toute la largeur du capteur, un encodage 10 bits 4:2:2, les profils S-Log3 et S-Cinetone ainsi que la prise en charge des LUT directement dans l’appareil.

Le bridge Sony RX10 IV bénéficie également d’une stabilisation performante, du mode Active, du cadrage automatique Auto Framing, de la diffusion en direct via USB et de la compatibilité avec les accessoires audio numériques Sony grâce à la griffe Multi Interface. Le RX10 V se veut ainsi une véritable caméra de reportage tout-en-un. Pour les vidéastes, documentaristes, journalistes ou créateurs de contenus, disposer d’un zoom 24-600 mm sans changer d’objectif représente un avantage considérable. Peu d’appareils permettent aujourd’hui de couvrir une telle diversité de situations avec autant de simplicité. Il s’impose ainsi comme le bridge le plus performant jamais conçu pour la vidéo. 

Avec la 4K jusqu’à 120 i/s, l’enregistrement 10 bits 4:2:2, les profils S-Log3 et S-Cinetone, ainsi que le suivi autofocus assisté par IA, le Sony RX10 V s’impose comme le bridge le plus abouti jamais conçu pour la création vidéo.

Un bridge qui reste sans véritable concurrent

Le Sony RX10 V occupe finalement une position assez singulière sur le marché actuel. Face à lui, les alternatives sont rares. Les bridges équipés de très longs zooms offrent généralement des focales encore plus impressionnantes, mais reposent sur des capteurs nettement plus petits qui limitent fortement la qualité d’image. À l’inverse, les hybrides délivrent des performances supérieures, mais imposent de transporter plusieurs objectifs pour couvrir une plage focale équivalente.

C’est précisément cet équilibre qui continue de faire la force du RX10 V. Il ne cherche pas à battre un hybride plein format en qualité d’image, ni un bridge à petit capteur en puissance de zoom. Son ambition est ailleurs : proposer un appareil capable de répondre à presque toutes les situations photographiques avec un seul boîtier. Cette philosophie conserve aujourd’hui toute sa pertinence pour les voyageurs, les photographes naturalistes occasionnels, les passionnés d’aviation ou encore les reporters souhaitant voyager léger sans renoncer à une très grande polyvalence.

Avec son zoom 24-600 mm, son capteur 1 pouce et ses fonctions expertes, le Sony RX10 V conserve une place unique sur le marché en réunissant dans un seul boîtier les atouts d’un bridge et d’un hybride.

Notre avis : une évolution logique qui conforte la référence du segment

Le Sony RX10 V n’est probablement pas la révolution que certains photographes espéraient après près de neuf années d’attente. Son capteur conserve des caractéristiques proches de celles de son prédécesseur et rappelle naturellement les limites inhérentes au format 1 pouce lorsque la lumière vient à manquer. 

En revanche, Sony modernise avec intelligence tout ce qui pouvait réellement bénéficier des avancées technologiques de ces dernières années. L’ergonomie inspirée des hybrides Alpha, l’autofocus assisté par intelligence artificielle, l’autonomie enfin à la hauteur, la rafale à 30 images par seconde ou encore les capacités vidéo particulièrement impressionnantes donnent un sérieux coup de jeune à cette gamme emblématique. 

Cette modernité s’accompagne cependant d’un tarif élevé de 2 499 € tout en conservant les limites du capteur en basse lumière qui l’empêchent d’être une véritable solution universelle. Une chose reste néanmoins incontestable en 2026, le Sony RX10 V demeure quasiment seul sur son créneau. Pour les photographes qui recherchent un appareil capable de passer instantanément d’un paysage au téléobjectif 600 mm, puis à une séquence vidéo 4K professionnelle sans changer d’objectif, il conserve une proposition unique sur le marché. Plus qu’une simple évolution du RX10 IV, il confirme que le bridge expert a encore toute sa place lorsqu’il privilégie la polyvalence absolue.

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Valentin Lefort

Valentin Lefort est journaliste spécialisé en photographie et fondateur de Vivre-de-la-photo.fr. Passionné par l’image depuis de nombreuses années, il partage son expertise à travers des guides, conseils techniques et tests de matériel destinés aussi bien aux débutants qu’aux photographes confirmés. Son approche mêle terrain, pédagogie et expérience professionnelle afin d’aider chacun à progresser et à développer sa créativité photographique.

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