Qu’est-ce que la température de couleur en photographie ?

Chaque source de lumière, naturelle ou artificielle dispose de sa propre teinte et température de couleur. Par conséquent, une même scène photographiée avec deux éclairages différents n’aura pas toujours les mêmes couleurs. Ce concept de température de couleur est donc très important en photographie, mais la plupart des photographes débutants et amateurs n’ont aucune idée de ce que cela signifie. Cependant, bien comprendre la température de couleur et la balance des blancs qui en découle est indispensable pour réaliser de meilleures photos et garantir des couleurs fidèles avec tout type d’éclairage. 

Qu’est-ce que la température de couleur ? 

Qu’elle soit naturelle ou artificielle, la lumière ne présente jamais la même teinte. Par exemple, la flamme d’une bougie émet un spectre lumineux rougeâtre, tandis qu’un éclairage LED tire davantage sur le bleu. Ces différentes couleurs peuvent être mesurées facilement en degré kelvin, grâce à l’échelle des températures de couleur. Les principes de cette dernière sont mis au point par Lord William Thomson, un ingénieur britannique et physicien, responsable de l’élaboration des premières lois de la thermodynamique. Pour obtenir cette échelle, il a chauffé un morceau de carbone et a remarqué qu’à mesure qu’il devenait de plus en plus chaud, la couleur changeait. Cela a ainsi donné naissance à une échelle liant la couleur d’une émission lumineuse à la température du corps émissif. C’est pour cela que l’échelle de température est graduée en degré kelvin. Cependant, alors que l’échelle de température Kelvin utilisée pour mesurer la température physiquement ressentie commence à 0K (- 273,15 °C), l’échelle Kelvin basée sur la température de couleur commence par le noir comme point zéro. Le spectre visible de cette échelle varie d’environ 1 700K à 12 000K. 

Quelle température de couleur utiliser en photographie ? 

Lorsque vous devez prendre une photo à l’extérieur en plein soleil, sous un ciel nuageux ou à l’intérieur à l’aide de lampes, la lumière émise par chaque source va projeter sa propre teinte sur la scène et ainsi modifier les couleurs de la photo. Pour obtenir des couleurs naturelles, c’est-à-dire avec des blancs véritablement blancs et non gris ou beiges, il va falloir exploiter une lumière dont la teinte est la plus neutre possible. Pour ce faire, celle-ci doit avoir une température de couleur optimale se situant entre 5000 et 6000 K, ce qui correspond à la lumière du jour lorsque le ciel est dégagé. En dessous des 5000 kelvin, la lumière prend une teinte de plus en plus orangée. On parle alors de lumière chaude. C’est par exemple le cas d’un coucher de soleil, d’une flamme ou d’un éclairage halogène. À l’inverse, au-dessus des 6000 kelvin, la lumière devient de plus en plus bleue et on parle cette fois-ci de lumière froide. 

En tant que photographe, vous pouvez tirer avantage de ces différentes températures de couleur pour modifier l’atmosphère et le ressenti de votre image. Cependant, lorsque vous devez restituer de manière fidèle un sujet, il est nécessaire de supprimer cette teinte indésirable. En photographie d’intérieur, il sera par exemple beaucoup plus esthétique de supprimer la teinte jaune des éclairages au profit d’une lumière blanche et plus naturelle. Si vous réalisez une série d’images, il peut également être nécessaire d’avoir la même teinte pour toutes les photos, même si elles sont réalisées sous des éclairages totalement différents. Pour ce faire, vous allez devoir ajuster la balance des blancs à partir de votre appareil ou en post-traitement. 

Vous pouvez modifier la température des couleurs pour renforcer les teintes d’un coucher de soleil.

Comment modifier la température de couleur d’une photo ? 

Du temps de la photographie argentique, il était nécessaire d’utiliser une pellicule dédiée à la photographie en intérieur ou en extérieur, ou bien d’ajouter un filtre de couleur sur l’objectif pour modifier la teinte et annuler une dominante indésirable. La photographie numérique rend cette correction plus facile en vous permettant de sélectionner une température plus adaptée à partir du réglage de la balance des blancs. La teinte est ensuite corrigée numériquement par l’appareil photo. 

La température de couleur peut s’ajuster facilement à partir de votre appareil photo reflex ou hybride.

Tous les appareils photo numériques proposent différentes options pour configurer la balance des blancs. Le mode initialement activité est conçu pour ajuster automatiquement la température de couleur de votre image. Dans la plupart des cas, cette fonction fait correctement son travail, mais il arrive qu’elle se trompe avec des scènes plus complexes. Cela peut être le cas lorsque vous avez une très forte dominante. Pour ce faire, de nombreux appareils vous proposent les paramètres de balance des blancs suivants : tungstène (symbole d’ampoule), lumière du jour (symbole du soleil), tube fluorescent (symbole ressemblant à un tube lumineux), nuageux (symbole de nuages), ombre (symbole d’une maison qui projette son ombre) ou encore flash (symbole d’éclair). Ces paramètres constituent un bon point de départ, mais ne garantissent pas de neutraliser une dominante de couleur à tous les coups. Ces températures de couleur sont en effet des estimations et ne correspondent pas précisément à chaque source de lumière. Certains éclairages sont de plus très variables, comme les halogènes qui sont plus ou moins chauds en fonction de leur puissance. Le soleil présente également une teinte variable en fonction de sa position dans le ciel en raison de l’épaisseur de la couche atmosphérique qu’il doit traverser. 

Pour un réglage plus précis, votre appareil photo proposera également un mode personnalisé ou manuel dans lequel vous pourrez sélectionner la température de couleur en kelvin de votre choix. Quelle que soit la méthode que vous sélectionnez, sachez qu’il sera également possible de modifier la température de couleur en post-traitement à partir d’un logiciel de retouche comme Adobe Photoshop ou Lightroom. Cette méthode est par ailleurs celle que nous avons tendance à conseiller, car elle vous permettra de vous concentrer pleinement sur votre image lors de la prise de vue. Vous gagnerez ainsi énormément de temps sur le terrain, car vous n’aurez pas à modifier la température de couleur à chaque fois que les conditions lumineuses varient.

À lire : Comment modifier la balance des blancs dans Lightroom ? 

Pour modifier la température de couleur en post traitement, il est cependant recommandé de photographier en RAW afin de bénéficier d’un meilleur contrôle et d’une retouche non destructrice. Avec une image JPEG, il reste possible d’ajuster la température de couleur après la capture de la photo, mais le réglage sera moins efficace et peut dégrader la qualité d’image. Pour illustrer l’efficacité du RAW, l’image de gauche ci-dessous a été réalisée avec la balance des blancs automatique de l’appareil photo. On retrouve ainsi une dominante jaune engendrée par l’éclairage public. Grâce au format RAW, il a été possible de supprimer cette teinte avec Adobe Lightroom en corrigeant la balance des blancs. Lightroom a alors réajusté les autres teintes en fonction de ce réglage.

Il est possible de modifier la balance des blancs en post-traitement pour obtenir des couleurs plus fidèles.

Quelle est la meilleure température de couleur en photographie ? 

Nous avons précédemment vu qu’un éclairage naturel devait afficher une température de couleur comprise entre 5000 et 6000 kelvin pour obtenir des couleurs fidèles. Cependant, comme vous vous en doutez certainement, il n’y a pas qu’une seule bonne méthode pour régler la balance des blancs. Vous pouvez parfois laisser ou ajouter délibérément une dominante de couleur pour renforcer l’efficacité de votre image. Celle-ci peut en effet contribuer à l’ambiance ou à la sensation que vous souhaitez apporter à la scène. Par exemple, une photo d’un coucher ou d’un lever de soleil sera plus efficace si vous renforcez légèrement la chaleur des couleurs. À l’inverse, une image de glaciers ou démontrant le froid de l’hiver sera plus frappante avec une plus haute température de couleur. Il n’y a donc pas de meilleur réglage qu’un autre. C’est vous l’artiste qui décidez si vous devez ou non modifier la température de couleur de la scène. Bien évidemment, certaines conditions spécifiques ou demandes commerciales nécessitent d’avoir un rendu fidèle des couleurs, mais en dehors de cela, vous êtes libres d’utiliser la teinte qui convient le mieux à votre image. 

Vous pouvez ajuster librement la température des couleurs en fonction de l’image désirée.

Conclusion sur la température de couleur en photo 

Il est important de connaître ce qu’est la température de couleur en photographie pour savoir comment corriger une dominante lorsque le mode automatique de votre appareil ne fonctionne pas correctement ou que vous souhaitez obtenir une constante colorimétrique sur une série d’images. Vous pouvez également tirer profit de la température de couleur pour renforcer ou effacer certaines émotions transmises par la scène. Enfin, le plus important est de penser à photographier en RAW pour modifier le plus précisément possible la température de couleur en post-traitement et vous libérer de cette contrainte lors de vos séances photos.

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