Les plus belles photos d’oiseaux de l’année 2026 récompensées
Le Bird Photographer of the Year 2026 vient de dévoiler son palmarès. Pour cette 11e édition, plus de 24 000 photographies ont été soumises par des photographes du monde entier. Le grand prix revient au Britannique Henley Spiers pour une spectaculaire image sous-marine de fou de Bassan, tandis que dix autres photographes décrochent l’or dans les différentes catégories photographiques adultes et jeunes.
Henley Spiers remporte le Bird Photographer of the Year 2026
Le titre de Bird Photographer of the Year 2026 revient au Britannique Henley Spiers pour son image Sunball Rocket. La photo décroche également l’or dans la catégorie Birds in the Environment. Réalisée dans les eaux des Shetland, en Écosse, elle montre un fou de Bassan plongeant sous la surface avec le soleil pratiquement aligné dans son sillage.

Habitués à une vie partagée entre leurs colonies terrestres et la chasse en mer, les fous de Bassan changent radicalement de comportement lorsqu’ils partent se nourrir. Après avoir repéré leurs proies depuis les airs, ils ajustent leur trajectoire face au vent avant de rabattre les ailes et de pénétrer dans l’eau à très grande vitesse. Henley Spiers a photographié l’oiseau sous la surface, au moment précis où sa silhouette vient se superposer à la lumière solaire. Cette composition transforme le plongeon en une scène presque graphique, tout en mettant en évidence les extraordinaires adaptations de cette espèce à la pêche sous-marine.
Matériel : Nikon Z8 avec Nikon 8-15 mm f/3,5-4,5E à 15 mm – f/11 – 1/200 s – 500 ISO.
Meilleur portrait : Thomas Deliberto
Dans la catégorie Best Portrait, l’Américain Thomas Deliberto décroche l’or avec Radiant, un portrait de tétras des armoises (Centrocercus urophasianus) réalisé dans l’Utah.

Le photographe s’est rendu avant le lever du jour sur un lek, une zone où les tétras se rassemblent pour leurs parades nuptiales. Installé derrière des rochers et orienté vers l’est, il attendait que le soleil dépasse la colline située derrière les oiseaux. Les premiers rayons ont finalement traversé les plumes de la queue d’un mâle en pleine parade, donnant l’impression qu’elles émettent leur propre lumière. La photographie met également en avant une espèce très dépendante des écosystèmes d’armoises de l’ouest des États-Unis, dont les populations sont affectées par la disparition de leur habitat.
Matériel : Nikon Z9 avec Nikkor Z 400 mm f/2,8 TC VR S et téléconvertisseur 1,4x – f/5,6 – 1/160 s – 64 ISO.
Comportement : Donald Chin
L’Australien Donald Chin remporte la catégorie comportement avec une scène particulièrement attendrissante photographiée à Perth. Son image I’m Keeping Everyone Dry met en scène plusieurs jeunes podarges gris (Podargus strigoides) sous la pluie.

Parfaitement camouflé contre l’écorce et les ombres de l’arbre, l’un des jeunes oiseaux déploie ses ailes au-dessus des autres. La posture donne presque l’impression qu’il cherche à protéger ses congénères des gouttes. Donald Chin joue ainsi sur le contraste entre l’immobilité caractéristique de l’espèce, la pluie qui traverse la scène et l’expression très particulière du jeune podarge, les yeux grands ouverts et le bec béant.
Matériel : Sony Alpha 9 III avec Sony FE 600 mm f/4 GM OSS et téléconvertisseur 1,4x – f/5,6 – 1/200 s – 4 000 ISO.
Oiseaux en vol : Ivan Sjögren
La catégorie Birds in Flight est remportée par le Suédois Ivan Sjögren avec Eye-to-Eye with a Short-Eared Owl. La photographie montre un hibou des marais survolant à très faible hauteur les marais salants du delta du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique.

Ce soir-là, cinq hiboux chassaient dans les environs, offrant au photographe la possibilité d’observer aussi bien leurs confrontations que certaines parades aériennes. Après avoir étudié leurs trajectoires, Ivan Sjögren s’est placé au ras des herbes sur l’un de leurs passages réguliers. L’un des hiboux est finalement arrivé dans sa direction et a tourné la tête vers le photographe au moment de passer devant lui, permettant d’obtenir ce saisissant face-à-face en plein vol.
Matériel : Canon EOS R5 avec Canon EF 500 mm f/4L IS II USM et téléconvertisseur 1,4x – f/5,6 – 1/2500 s – 5 000 ISO.
Noir et blanc : Rahul Sachdev
Avec An Ostrich Horizon, le photographe Rahul Sachdev obtient le premier prix de la catégorie Black and White. Réalisée à Amboseli, au Kenya, l’image montre une autruche progressant seule vers le lit asséché d’un lac.

Le choix du noir et blanc débarrasse ici l’image des couleurs du paysage africain pour concentrer le regard sur les lignes, les textures et surtout la disproportion entre l’oiseau et son environnement. L’autruche devient une petite silhouette solitaire au milieu d’un décor immense marqué par la sécheresse et la chaleur.
Matériel : Canon EOS R5 avec Canon RF 100-500 mm f/4,5-7,1 L IS USM à 300 mm – f/11 – 1/800 s – 250 ISO.
Perspectives créatives : Åsmund Keilen
Le Norvégien Åsmund Keilen s’impose dans la catégorie Creative Perspectives avec Sundance, une photographie de martinet noir réalisée à Oslo à l’aide d’une exposition multiple directement dans l’appareil.

Lors d’une chaude journée d’été, le photographe a exploité le toit brillant d’une voiture bleue comme une surface réfléchissante. Le martinet traverse cette scène tandis que le soleil occupe le centre de la composition. Des graines de bouleau emportées par l’air viennent compléter l’ensemble. Grâce à l’exposition multiple, ciel, lumière, reflets et déplacement de l’oiseau se superposent pour transformer une situation très quotidienne en une photographie nettement plus abstraite.
Matériel : Canon EOS 5DS R avec Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6L IS II USM – 1/8000 s – 640 ISO – exposition multiple réalisée dans l’appareil.
Oiseaux urbains : Gianluca Damiani
La catégorie Urban Birds revient à l’Italien Gianluca Damiani et à son image Alter Ego, réalisée sur les toits de Rome. Un goéland leucophée réel y semble dialoguer avec la représentation particulièrement humaine d’un autre goéland peinte sur le mur situé juste en dessous.

À Rome, les immeubles constituent pour les goélands des substituts aux falaises naturelles, avec de nombreux sites permettant de se reposer, de nicher ou d’observer leur environnement. Gianluca Damiani, qui étudie les oiseaux urbains dans le cadre de ses travaux universitaires, suivait ici une petite colonie installée sur un toit. La nourriture visible dans l’image avait été déposée par des habitants et non par le photographe. Celui-ci précise également avoir ajouté temporairement le petit autocollant mural, sans modifier les ressources disponibles ni provoquer le comportement de l’oiseau.
Matériel : Nikon Z9 avec Nikon 70-200 mm f/2,8G à 112 mm – f/5 – 1/1250 s – 2 200 ISO.
Conservation : Kent Stuart
Avec Not a Good Day Fishing, l’Américain Kent Stuart remporte la catégorie Conservation (Single Image). Son portrait montre un Grand Héron dont le bec est prisonnier d’un fil de pêche et d’un flotteur abandonnés.

Le photographe s’était installé dans un étang du New Jersey pour photographier des canards et différents limicoles. Équipé de cuissardes, dissimulé sous un filet de camouflage et travaillant avec son appareil placé très bas sur un support muni d’une tête pendulaire, il a vu ce héron se poser juste à côté de lui. La très courte distance ne lui a laissé la possibilité de cadrer que la tête de l’animal, mettant ainsi immédiatement en évidence les conséquences des déchets liés à la pêche sur la faune sauvage.
Matériel : Nikon Z9 avec Nikkor Z 800 mm f/6,3 VR S – f/6,3 – 1/800 s – 500 ISO.
Jeunes 15-17 ans : Parham Pourahmad
À seulement 16 ans, l’Américain Parham Pourahmad remporte à la fois l’or de la catégorie 15-17 ans et le titre de Young Bird Photographer of the Year 2026 grâce à Moonlit Night.

Le jeune photographe avait découvert un couple de grands-ducs d’Amérique nichant dans un parc proche de chez lui. Parti au crépuscule dans l’espoir de réaliser un portrait, il a changé ses plans en voyant la pleine lune apparaître à l’horizon. Lorsqu’un des oiseaux s’est posé dans un pin, il s’est rapidement déplacé afin d’aligner sa silhouette avec le disque lunaire.
Matériel : Canon EOS Rebel T5i avec Sigma 150-600 mm f/5-6,3 DG OS HSM Contemporary à 275 mm – f/5,6 – 1/500 s – 6 400 ISO.
Jeunes 12-14 ans : Paula Czaeczine
L’Allemande Paula Czaeczine décroche l’or chez les 12-14 ans avec Acrobat of the Skies, réalisée à Røst, dans les îles Lofoten en Norvège. Elle y photographie un phalarope à bec étroit en pleine action.

Alors qu’elle observait plusieurs phalaropes se nourrissant d’insectes à la surface d’un étang, l’un d’eux s’est soudain redressé avant de déployer ses ailes et de bondir au-dessus de l’eau. La jeune photographe avait heureusement sélectionné une cadence élevée, ce qui lui a permis de figer cet instant extrêmement bref ainsi que la petite proie capturée par l’oiseau.
Matériel : Nikon Z8 avec Nikkor Z 600 mm f/6,3 VR S – f/6,3 – 1/2000 s – 1 100 ISO.
Jeunes 11 ans et moins : Alberto Román Góme
Dans la catégorie réservée aux photographes de 11 ans et moins, l’Espagnol Alberto Román Gómez remporte le premier prix avec Emerald Eye, un portrait extrêmement serré de Grand Cormoran photographié à Londres.

Le jeune photographe connaissait déjà l’espèce, mais les cormorans présents près de chez lui se montraient particulièrement méfiants. À Londres, les oiseaux étaient beaucoup plus habitués à la présence humaine et pouvaient être observés à courte distance. Alberto Román Gómez en a profité pour étudier leur plumage sombre aux reflets métalliques, avant de concentrer son cadrage sur l’un de leurs attributs les plus spectaculaires : leur œil d’un vert intense.
Matériel : OM System OM-1 avec M.Zuiko 100-400 mm f/5-6,3 à 321 mm – f/6,3 – 1/80 s – 2 000 ISO.
Une édition placée sous le signe de l’authenticité
Cette édition 2026 intervient alors que la photographie doit plus que jamais composer avec les images générées par intelligence artificielle. Will Nicholls, directeur du Bird Photographer of the Year, insiste précisément sur le caractère authentique des photographies sélectionnées : chacune correspond à une véritable rencontre avec le monde sauvage et repose sur le travail de terrain du photographe.
Le règlement du concours interdit d’ailleurs les images générées par IA ainsi que l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle pour modifier les photographies, à l’exception de certaines fonctions de réduction du bruit et d’accentuation. Les finalistes doivent également pouvoir fournir leurs fichiers RAW ou leurs JPEG originaux afin que l’organisation puisse authentifier les prises de vue.
Du Nikon Z8 immergé au large des Shetland au Canon EOS Rebel T5i utilisé par le lauréat des 15-17 ans, le palmarès 2026 rappelle aussi que la réussite d’une photographie animalière ne dépend pas uniquement de la génération ou du prix du matériel. Anticipation du comportement, connaissance du terrain, choix du point de vue et capacité à saisir un instant fugace restent au cœur des images récompensées par le Bird Photographer of the Year.






