Nikon Z5IIC : le plein format se fait plus compact et accessible
Nikon poursuit la diversification de sa gamme hybride avec le nouveau Nikon Z5IIC, une déclinaison plus compacte et plus accessible du très convaincant Z5II. Le constructeur conserve l’essentiel de la formule : capteur plein format de 24,5 Mpx stabilisé, processeur EXPEED 7, autofocus avec reconnaissance des sujets, rafale rapide et capacités vidéo avancées jusqu’en N-RAW. Pour réduire l’encombrement et le tarif, Nikon fait cependant un choix radical : supprimer complètement le viseur électronique. Un compromis qui transforme profondément la manière d’utiliser l’appareil, mais qui permet au Z5IIC de s’afficher à 1 549 €.
Un Nikon Z5II sans viseur
Le Nikon Z5IIC reprend une très grande partie de l’électronique du Nikon Z5II lancé en 2025. Le changement le plus visible concerne naturellement la disparition du viseur électronique. Le sommet du boîtier devient entièrement plat, donnant au Z5IIC une silhouette plus proche d’un compact expert ou d’un grand Nikon Z30 que des hybrides plein format traditionnels de la marque. Ce choix permet surtout de réduire la hauteur du boîtier. Le Z5IIC mesure 134 x 80,5 x 72 mm, contre 134 x 100,5 x 72 mm pour le Z5II. Son poids passe également de 700 à 620 g avec batterie et carte mémoire, soit un gain de 80 g. Le boîtier seul descend même à 538 g. Il ne s’agit donc pas d’un appareil minuscule, notamment à cause de la large monture Z et de la poignée généreuse, mais l’ensemble devient sensiblement plus facile à transporter.
Le boîtier reste relativement dense une fois en main, mais conserve une excellente préhension, y compris avec des objectifs assez imposants. Nikon n’a heureusement pas cherché à gagner quelques millimètres supplémentaires au détriment de la poignée. L’ergonomie demeure ainsi beaucoup plus proche de celle d’un véritable appareil photo que de certains hybrides compacts privilégiant avant tout le design. Le Z5IIC est proposé en noir ou argent, cette dernière finition renforçant encore son aspect rétro et son positionnement plus lifestyle.

Une ergonomie Nikon largement préservée
La réduction du boîtier ne signifie pas pour autant disparition des commandes physiques. Le Nikon Z5IIC conserve deux molettes de réglage, plusieurs touches personnalisables ainsi qu’un véritable sélecteur permettant de basculer rapidement entre photo et vidéo. Deux commandes sont également placées à l’avant, à proximité de la monture. Le joystick dédié au déplacement du collimateur disparaît en revanche. Le photographe doit utiliser le pavé multidirectionnel ou directement l’écran tactile pour positionner la zone autofocus. L’absence de bouton AF-ON dédié est moins problématique puisqu’il reste possible de réaffecter facilement la touche AE-L/AF-L à cette fonction. Dans la pratique, le très efficace suivi 3D limite également la nécessité de déplacer constamment le collimateur.

Nikon conserve aussi une touche dédiée aux Picture Control, permettant d’accéder rapidement aux différents rendus colorimétriques et aux recettes téléchargées depuis Nikon Imaging Cloud. Plus de 140 Imaging Recipes sont disponibles, tandis qu’un nouvel effet de grain permet de donner directement aux JPEG et aux vidéos une esthétique plus proche d’un rendu argentique. Cette approche s’inscrit dans une tendance désormais bien installée consistant à obtenir une image finalisée dès la prise de vue, sans nécessairement passer par Lightroom ou Camera Raw.
Le Z5IIC devient également le premier hybride plein format Nikon à intégrer directement des modes Scène. Portrait, paysage, sport, photo de nuit, coucher de soleil, animaux ou encore nourriture disposent ainsi de réglages automatisés. Un choix qui confirme la volonté de Nikon de séduire des utilisateurs venant du smartphone ou d’un appareil plus simple, tout en conservant les modes PASM pour les photographes expérimentés.
Un écran orientable qui devient indispensable
En l’absence de viseur, toute la composition repose sur l’écran arrière. Nikon adopte une dalle tactile orientable de 3,2 pouces affichant 1,04 million de points. Elle peut pivoter vers l’avant pour le vlog, être orientée pour travailler au ras du sol ou en hauteur et se retourner contre le boîtier afin d’être protégée pendant le transport. C’est néanmoins ici qu’apparaît l’un des principaux compromis du Z5IIC. Le Z5II dispose d’un écran nettement mieux défini avec 2,1 millions de points. Sur le nouveau modèle, la définition reste suffisante pour cadrer et vérifier rapidement la mise au point, mais paraît modeste pour un appareil entièrement dépendant de son écran.
Par ailleurs, la luminosité de cet écran se revèle parfois insuffisante en plein soleil. Dans des conditions normales, la lisibilité reste satisfaisante, mais sous une forte lumière extérieure, l’absence d’un viseur pouvant prendre le relais devient beaucoup plus perceptible. C’est probablement le point à considérer avec le plus d’attention avant de préférer le Z5IIC au Z5II.

Capteur plein format de 24,5 Mpx
Sous sa carrosserie plus compacte, l’hybride Nikon Z5IIC conserve le capteur CMOS BSI plein format de 24,5 Mpx du Z5II, associé au processeur EXPEED 7. Les images peuvent atteindre 6048 x 4032 pixels et être enregistrées en JPEG, HEIF ou RAW NEF 14 bits. La sensibilité native s’étend de 100 à 64 000 ISO, avec une extension jusqu’à l’équivalent de 204 800 ISO. Ce capteur n’apporte donc aucune révolution technologique, mais il constitue une base particulièrement éprouvée. Les premiers clichés réalisés avec le Z5IIC confirment une excellente latitude d’exposition à basse sensibilité. Les zones sombres peuvent être fortement remontées en postproduction tout en conservant beaucoup d’informations et un niveau de bruit contenu. Le plein format offre également un avantage sensible dès que la lumière baisse, tout en facilitant l’obtention d’une faible profondeur de champ.
Les JPEG sortant directement du boîtier profitent également du traitement Nikon, avec des couleurs plaisantes et de nombreux profils immédiatement exploitables. Le Z5IIC semble ainsi particulièrement cohérent pour les photographes souhaitant produire rapidement des images prêtes à être partagées.

Stabilisation mécanique jusqu’à 7,5 stops
Malgré son boîtier réduit, Nikon n’a pas sacrifié la stabilisation du capteur. Le système IBIS sur cinq axes peut compenser jusqu’à 7,5 stops, une efficacité encore relativement rare sur les modèles plein format de cette catégorie tarifaire. À l’usage, cette stabilisation se montre particulièrement efficace pour photographier à main levée avec des vitesses relativement lentes. Elle constitue également un atout important en vidéo, où elle permet d’obtenir des mouvements plus fluides sans systématiquement recourir à un stabilisateur externe. L’IBIS prend ici encore davantage d’importance en raison de l’absence de viseur. Photographier avec l’appareil tendu devant soi est naturellement moins stable que lorsque le boîtier est plaqué contre le visage. Une bonne stabilisation mécanique permet donc de compenser en partie cette position de prise de vue moins favorable.

Un autofocus hérité du Z5II
Le Nikon Z5IIC reprend également l’excellent système autofocus hybride du Z5II, épaulé par les algorithmes de reconnaissance développés pour les derniers hybrides Nikon. Il compte 273 points en AF sélectif et jusqu’à 299 points en zone automatique, avec une sensibilité pouvant descendre jusqu’à -10 IL dans les conditions prévues par Nikon.
Le suivi 3D permet de verrouiller un sujet puis de le suivre dans le cadre lorsque celui-ci se déplace ou lorsque le photographe modifie sa composition. Les premiers tests montrent un autofocus rapide et surtout très fiable dans la majorité des situations courantes. La suppression du joystick est ainsi moins pénalisante qu’elle ne l’aurait été avec un système AF plus ancien : une fois le sujet sélectionné, le suivi se charge d’une grande partie du travail. La reconnaissance automatique progresse même légèrement par rapport au Z5II. Le boîtier sait désormais identifier dix types de sujets, avec l’arrivée d’un mode consacré à la vie aquatique, notamment aux poissons. Cette fonction complète la reconnaissance des personnes, animaux, oiseaux et différents véhicules.

Jusqu’à 30 images par seconde
Le Nikon Z5IIC jusqu’à 14 images par seconde avec l’obturateur mécanique, tandis que le mode de capture haute vitesse grimpe à 30 images par seconde. Une fonction de pré-déclenchement permet également de conserver des images capturées avant l’enfoncement complet du déclencheur. En RAW avec obturateur mécanique, la cadence est d’environ 11 i/s. L’obturateur électronique permet d’aller beaucoup plus vite, mais le capteur n’étant pas de type empilé, sa lecture demeure relativement lente. Les sujets se déplaçant très rapidement peuvent donc présenter des déformations liées au rolling shutter. Pour le sport et l’action, l’obturateur mécanique reste préférable.
Un véritable hybride photo et vidéo
Le Nikon Z5IIC reprend pratiquement toute la panoplie du Z5II et peut filmer en 4K UHD jusqu’à 60 images par seconde. La 4K jusqu’à 30p exploite toute la largeur du capteur. Les premiers essais montrent une image très détaillée, avec un bon comportement lorsque la lumière diminue. Le passage en 4K 50 ou 60p entraîne en revanche un recadrage d’environ 1,5x, correspondant approximativement à une zone APS-C. Le cadrage devient donc sensiblement plus serré et la qualité d’image baisse légèrement par rapport au mode plein format.
Le boîtier peut enregistrer en H.265 10 bits, mais surtout directement en N-RAW 12 bits, une possibilité particulièrement ambitieuse pour un appareil positionné à ce niveau de prix. Le N-Log et le HLG sont également disponibles pour maximiser la latitude en étalonnage. Nikon ajoute un affichage waveform, la compensation du focus breathing, le Hi-Res Zoom, les timecodes ou encore l’enregistrement simultané de fichiers proxy avec les vidéos RAW. Le Full HD peut quant à lui atteindre 120 i/s. Les prises casque et microphone 3,5 mm sont conservées, aux côtés d’un port micro-HDMI et d’un USB-C. L’autofocus se montre également très convaincant en vidéo, avec un suivi stable qui renforce les possibilités du Z5IIC pour le vlog ou la création de contenu.

Premières impressions : un Z5II qui conserve presque tout ce qui compte
Les premiers tests du Nikon Z5IIC dressent finalement un tableau assez homogène. La qualité d’image est pratiquement celle du Z5II, tout comme les performances autofocus, la stabilisation et les fonctions vidéo. La dynamique du capteur se montre excellente à basse sensibilité, les fichiers conservent beaucoup d’informations dans les ombres et la montée en ISO reste bien maîtrisée. L’autofocus est rapide, le suivi 3D efficace et l’IBIS compte parmi les points forts du boîtier.
La prise en main reste également très convaincante grâce à une vraie poignée et à un nombre important de commandes physiques. Le Z5IIC évite ainsi l’écueil de certains appareils compacts qui gagnent quelques millimètres au prix d’une ergonomie nettement dégradée.
En contrepartie, l’absence de viseur change profondément l’expérience. Elle est relativement facile à oublier lorsque l’on photographie en intérieur, réalise des vidéos ou compose déjà majoritairement à l’écran. Elle devient beaucoup plus gênante sous un soleil intense, précisément parce que la luminosité et la définition de l’écran ne sont pas exceptionnelles. C’est moins la disparition du viseur elle-même que l’absence d’un écran particulièrement lumineux pour la compenser qui constitue le principal compromis du Z5IIC.
Nikon Z5IIC ou Z5II ?
Le choix entre les deux appareils dépend donc beaucoup plus de la manière de photographier que de la qualité d’image recherchée. Capteur, processeur, stabilisation, autofocus et capacités vidéo sont extrêmement proches. Le Z5IIC abandonne essentiellement le viseur, un logement pour carte mémoire, le joystick AF et l’écran plus défini du Z5II en échange d’un boîtier moins haut, plus léger et moins cher.
Le nouveau modèle semble ainsi particulièrement adapté à la photo de voyage, au quotidien, à la création de contenu, au vlog ou aux utilisateurs ayant pris l’habitude de composer sur l’écran d’un smartphone. À l’inverse, pour la photographie animalière, sportive ou de paysage sous forte luminosité, le viseur du Z5II conserve un avantage pratique considérable. Avec ce nouveau modèle, Nikon fait donc un pari assez inhabituel : plutôt que de réduire les performances pour proposer un plein format plus accessible, le constructeur conserve presque intégralement les capacités du Z5II et retire principalement son viseur.

Le Nikon Z5IIC est commercialisé en France à 1 549 € en boîtier nu, dans des finitions noire ou argent. Nikon annonce actuellement une expédition à partir du 15 octobre 2026. Plusieurs kits sont prévus avec les NIKKOR Z 24-50 mm, 24-105 mm, 24-200 mm ou 24-70 mm f/4 S.




