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Les plus belles photos d’aurores boréales en 2025 

Chaque année, le concours Northern Lights Photographer of the Year transforme le ciel nocturne en une vaste galerie et 2025 n’a pas déçu. Réunis par Capture the Atlas, les 25 clichés sélectionnés révèlent, à travers le monde, la magie fugace de l’aurore, ses couleurs vives, ses formes dansantes et son pouvoir presque mystique.

Lights & Ice – Tori Harp

J’ai repéré cette grotte de glace, que l’on appelle un moulin, huit mois avant de réaliser cette image, dans le parc national d’Aoraki/Mont Cook. Les glaciers étant des environnements en perpétuelle évolution, je suis revenu régulièrement observer les transformations de ce moulin tout au long de cette période. Au fil du temps, alors que l’ouverture de la grotte se dessinait peu à peu, j’imaginais déjà une scène nocturne : mon ami en rappel à l’entrée, sur fond de ciel étoilé néo-zélandais.

Et puis, lors d’une nuit tout simplement irréelle, tous les éléments se sont mis en place. À ma grande surprise, une aurore australe est venue embraser le ciel. J’ai alors pu saisir la silhouette de mon ami, parfaitement centrée dans l’ouverture de la grotte, et le contraste entre les teintes rosées de l’aurore et les nuances glacées de la paroi est devenu l’âme de l’image. Cette photo dépasse même ce que j’avais imaginé, et elle restera associée au souvenir d’une soirée exceptionnelle passée à explorer le glacier avec mes amis.

Matériel : Sony ILCE-7RM4, Sony 20mm f/1.8 G et trépied Peak Design carbon


Arctic Rain – Vincent Beudez

Pour moi, photographier les aurores boréales, c’est avant tout saisir des moments fugaces, de véritables éclats d’instant d’un phénomène aussi rare qu’imprévisible. C’est d’ailleurs pour cette raison que je privilégie toujours des temps de pose courts.

Cette image a été réalisée le 29 octobre 2025, aux alentours de Tromsø, en Norvège. Quelques secondes auparavant, un « mur » aux strates vertes et rouges se déployait dans le ciel, un spectacle typique des sous-tempêtes aurorales. Puis, soudain, une couronne lumineuse s’est élevée au-dessus de moi, dévoilant toute la richesse de sa structure en mouvement. En une vie passée à observer les aurores, je n’avais encore jamais été témoin d’un tel phénomène — et tout cela dans un lieu que je rêvais de photographier depuis toujours. La persévérance finit toujours par être récompensée.

Sous cette voûte incandescente, j’avais l’étrange sensation de me tenir dans une cathédrale à ciel ouvert, baignée de vagues de couleurs et de lumière. Réussir cette image relève presque du miracle, et le meilleur conseil que je puisse donner reste le même : s’armer de patience, se préparer minutieusement… car l’effort finit toujours par payer.

Matériel : Sony A7SIII défiltré avec objectif Sony 14mm f/1.8


Essence of the Arctic Night – Giulio Cobianchi

L’automne arctique est sans conteste la saison idéale pour capturer ce que j’appelle le « double arc » : celui de la Voie lactée et celui des aurores boréales. Après les journées sans fin de l’été, où le soleil ne disparaît jamais complètement, la nuit fait enfin son grand retour. Dès les premières heures suivant le coucher du soleil, la Voie lactée estivale s’élève déjà haut dans le ciel, tandis que les aurores recommencent à onduler en rubans de rose, de rouge, de violet et de vert.

C’est lors de mon dernier séjour, en septembre, que j’ai réalisé ce panorama à 360°, à la frontière entre Haukland et Vik Beach, là où les montagnes abruptes plongent dans la mer de Norvège. L’intensité des aurores, combinée à la douce clarté de la lune, venait atténuer la présence de la Voie lactée, mais l’accumulation de tous ces éléments dans le ciel arctique a créé une scène tout simplement irréelle — comme seules les îles Lofoten savent en offrir.

Matériel : Nikon Z6II défiltré avec objectif Nikon S 14-24mm f/2.8 et trépied Sunwayfoto T2840 


Frozen Silence Beneath the Lights – Nikki Born

Cette nuit restera gravée dans ma mémoire. Photographier les célèbres arbres figés par le givre de Riisitunturi sous un ciel embrasé d’aurores boréales était un rêve que je nourrissais depuis des années.

En mars 2025, nous avons enfin décidé de tenter l’aventure. Mais la météo s’est montrée capricieuse : une épaisse couverture nuageuse a persisté toute la semaine. Lors de notre dernière nuit sur place, nous sommes tout de même partis randonner dans le parc, avec l’espoir fragile d’apercevoir une trouée dans le ciel. Le froid était mordant. Nous nous sommes réfugiés entre les arbres gelés, immobiles, à attendre dans le silence. Après de longues heures sans le moindre signe d’éclaircie, nous avons fini par nous résoudre à rebrousser chemin vers notre cabane.

Puis, au moment précis où nous abandonnions, une brèche s’est ouverte dans les nuages. Sans hésiter, nous avons attrapé notre matériel et remonté en hâte la colline de Riisitunturi. À peine arrivés au sommet, le ciel s’est embrasé de verts intenses. Une véritable explosion de lumière, saisissante, irréelle.

Cette nuit fut l’expérience d’une vie : l’image dont je rêvais, un instant suspendu, impossible à décrire pleinement. La photographie d’aurores boréales exige patience et persévérance, mais lorsque le ciel finit par s’ouvrir, le temps semble s’arrêter, et la nature nous rappelle, avec une force bouleversante, combien notre monde peut être extraordinaire.

Matériel : Canon EOS R6, Sigma 14-24mm f/2.8 et trépied Gitzo GT2545T 


Sueños en Eystrahorn – Pablo Ruiz

Sans aucun doute, ce panorama figure parmi les prises de vue d’aurores boréales les plus complexes que j’aie jamais réalisées – et cela dans l’un des paysages les plus spectaculaires d’Islande.

Composer un panorama avec des reflets d’eau et des aurores en perpétuel mouvement représente un défi technique majeur. Cette image était un objectif de longue date. Je suis donc arrivé dès l’après-midi afin d’anticiper chaque angle, chaque cadrage, et de définir plusieurs options pour la nuit. Le ciel dégagé et le vent presque inexistant semblaient réunir des conditions idéales pour capturer les reflets dans les différentes mares.

Les premières lueurs d’aurores sont apparues dès l’heure bleue. Je me suis alors dirigé sans attendre vers l’emplacement choisi pour ma composition. Le vent s’est soudain levé, compliquant la capture des reflets… puis, au moment précis où le ciel s’est embrasé, tout s’est à nouveau apaisé. Durant quelques précieuses secondes, j’ai pu réaliser la photo dont je rêvais. Assister à un tel spectacle et parvenir à l’immortaliser fut une immense source d’émotion et de joie.

Matériel : Nikon D810, Nikon 14-24mm f/2.8 et trépied Artcise C80 carbon 


Twisting Turn – Virgil Reglioni

Derrière chaque image se cache une mécanique parfaitement huilée, faite de coordination millimétrée, de sens du timing et de rigueur technique, le tout orchestré depuis un navire évoluant dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète. Photographier les aurores boréales au-dessus de la banquise ne relève jamais du hasard : cela repose sur une préparation minutieuse, l’expérience et un véritable travail d’équipe. De la passerelle au poste de prise de vue, chaque déplacement est anticipé afin d’offrir aux lumières polaires leur plus bel écrin.

En journée, nous avons parcouru les champs d’icebergs à la recherche du sujet idéal : une courbe élégante, une crête sculptée, une arche translucide capable d’ancrer visuellement la composition. En fonction de la trajectoire des aurores dans le ciel groenlandais, nous avons ensuite aligné avec précision l’iceberg sélectionné et le navire, réunissant la glace, la mer et le ciel dans une même respiration lumineuse.

En lien constant avec l’équipe de la passerelle, nous avons également recherché des plaques de glace fraîchement formées, suffisamment épaisses pour stabiliser le navire. Cette immobilité était indispensable pour permettre des poses longues, comprises entre une demi-seconde et deux secondes, chaque fraction d’arrêt devenant précieuse alors que les aurores s’animaient au-dessus de nous.

À mesure que l’intensité lumineuse gagnait en puissance, toute notre attention s’est portée sur les hautes lumières. L’exposition était réglée pour en préserver les détails les plus fins, sans jamais sacrifier la netteté des formes. Chaque image est alors devenue le fruit d’un équilibre délicat entre la force brute de la nature et la patience du regard.

Matériel : Sony A7CII, Laowa 15mm 2.0 -0D et trépied Rollei C6I


Aurora Comet Lemmon – Petr Horálek

La nuit du 24 octobre 2025 restera gravée dans ma mémoire. Je venais tout juste de m’installer en Suède pour y animer un atelier d’astrophotographie, lorsque nous avons pris la direction de Skaulo. Sur place, un point de vue exceptionnel s’offrait à nous, dominant le lac Suotojärvi.

Le hasard du calendrier faisait encore mieux les choses : cette nuit coïncidait avec le passage de la comète C/2025 A6 (Lemmon), découverte quelques mois plus tôt, en janvier 2025. Sa luminosité était telle qu’elle se distinguait parfaitement à l’œil nu, même très basse sur l’horizon.

Heureusement, j’avais mon boîtier à portée de main. J’ai alors pu immortaliser la comète fendant le ciel aux côtés des aurores boréales. Réunir dans une même image deux phénomènes naturels aussi rares et spectaculaires fut une expérience grisante. La comète et les aurores semblaient évoluer ensemble, comme dans une danse céleste, nous offrant un spectacle inoubliable.

Matériel : Canon R défiltré avec objectif Sigma 50mm, f/1.4


Corona Blast Aurora Geomagnetic Storm – Roi Levi

Cette image a été capturée lors de l’équinoxe de mars, au cœur d’une tempête géomagnétique offrant un spectacle lumineux d’une intensité saisissante. Une aurore boréale zénithale a jailli au-dessus de moi : de puissants piliers de lumière ont traversé la voûte céleste, formant une spectaculaire couronne lumineuse.

Ce phénomène rare s’est produit dans la nuit du 21 mars 2025, lorsqu’une éjection de masse coronale (CME) a percuté la Terre, déclenchant une tempête géomagnétique de classe G2. Ce panorama à 360° est le résultat de l’assemblage de 21 images, permettant de restituer l’aurore dans toute son ampleur et une vision complète du ciel. Pour figer la structure des piliers avec une exposition rapide, j’ai utilisé un objectif Sigma Art à grande ouverture (f/1.4).

Kirkjufell est l’une des montagnes les plus emblématiques d’Islande, et assister à un tel spectacle à cet endroit fut un moment absolument unique. Avec les cascades de Kirkjufellsfoss en premier plan, l’image restitue toute la dynamique et la puissance de cette immense couronne aurorale.

Matériel : Sony A7SIII modifié, Sigma Art 14mm f/1.4, trépied Sunwayfoto T3640CM et monture motorisée


Speechless – Ralf Rohner

Je survolais la baie d’Hudson à 10 670 mètres d’altitude. En tant que pilote de ligne, les vols de nuit sont souvent une épreuve de patience et d’endurance. Coincé dans un cockpit exigu, entouré d’instruments figés dans leur régularité, on scrute l’obscurité infinie en s’interrogeant parfois sur ce qui pousse à supporter ces heures de solitude. La monotonie peut sembler interminable… jusqu’à ce que, soudain, tout change. Certaines nuits rares, le ciel vient récompenser la fatigue et l’isolement.

Au-dessus d’un océan de nuages immobile, protégé par la mince enveloppe métallique de l’appareil, le pilote devient alors le témoin d’un spectacle hors du commun. Des voiles de lumière se déploient dans le ciel, colorant la nuit de verts et de violets flamboyants. Dans cet instant suspendu, chaque sacrifice trouve son sens. Les mots deviennent inutiles. Ce que je ne pouvais exprimer par le langage, je l’ai confié à cette image.

Matériel : Canon EOS-R défiltré avec objectif Sigma 28mm f/1.4 ART


The Northern Crown – Mari Jääskeläinen

Je sors et lève les yeux vers le ciel au-dessus de la maison. Cette fois, je le sens : c’est le moment. L’adrénaline monte tandis que je rassemble mon matériel et superpose les couches de vêtements pour affronter le froid.

Quelques minutes de route jusqu’au lac voisin, et me voilà prêt pour cette nuit d’attente et d’espoir. Lors des périodes d’activité, je consulte toujours les données du vent solaire en temps réel afin d’anticiper ce que le ciel pourrait offrir. Ce soir-là, il ne semblait pas y avoir d’éjection de masse coronale marquante — et cela m’allait parfaitement. Peut-être était-ce justement la nuit tant espérée, celle de la photo que j’imaginais depuis si longtemps.

Dans mon esprit, les aurores devaient tracer une spirale verte, nette et lumineuse, juste au-dessus des arbres, pour que le premier plan s’inscrive parfaitement dans la composition. Et lorsque l’arc auroral a commencé à épouser précisément cette forme rêvée, je n’en croyais pas mes yeux. Une confirmation éclatante de la beauté discrète, presque fragile, de ces aurores subtiles.

Matériel : Sony A7III avec objectif Sigma 14mm f/1.8 et tréied Manfrotto Befree Advanced QPL


Neon Nightfall – Andres Papp

J’ai réalisé cette image sur une plage rocheuse, sauvage et silencieuse, alors qu’une aurore boréale particulièrement intense surgissait par le nord. Au départ, elle se manifestait sous la forme d’un simple arc vert rasant l’horizon, avant de se métamorphoser en de puissants rideaux verticaux aux teintes vert citron et magenta — une combinaison de couleurs plutôt rare. Pour relier visuellement le ciel au premier plan, j’ai éclairé les rochers du rivage à l’aide d’une lampe UV de 365 nm, révélant les minéraux et apportant cette lueur presque irréelle visible sur l’image.

Tout l’enjeu résidait dans l’équilibre : une pose d’environ cinq secondes pour préserver la netteté de l’aurore, tout en dosant précisément la diffusion des UV afin de conserver un rendu naturel. Ce qui me fascine toujours dans la photographie d’aurores boréales, c’est ce dialogue permanent entre science et magie. On scrute les prévisions, les indices KP, on prépare chaque détail… mais la véritable récompense survient lorsque le ciel décide de nous surprendre — et que l’on est prêt à saisir cet instant en une seule image éclatante.

Matériel : Canon 6D, Samyang 14mm f/2.8 et trépied Manfrotto MT190XPRO4


Gibson Steps Aurora – Jeff Cullen

Ce soir-là, l’envie de sortir photographier n’était pas vraiment au rendez-vous. Les prévisions évoquaient quelques aurores, mais aussi beaucoup de nuages. Malgré tout, j’ai décidé de tenter le coup et de parcourir une heure de route jusqu’à ce lieu mythique. Le ciel chargé était bien là, mais j’ai tout de même descendu les 86 marches menant à la plage, traversé le sable, puis rejoint les célèbres pitons rocheux de Gog et Magog. Peu à peu, les nuages se sont entrouverts. J’ai eu juste assez de temps pour réaliser quelques belles images avant que l’aurore ne s’évanouisse. J’ai alors rangé mon matériel, déjà en train de penser à un autre spot tout proche.

En remontant les escaliers, j’ai soudain aperçu, du coin de l’œil, d’immenses faisceaux de lumière, incroyablement brillants. Instinctivement, j’ai fait demi-tour en courant, redévalé la plage et remis l’appareil en place à toute vitesse. Cette photo est le reflet exact de la magie de cette nuit : je n’aurais jamais imaginé qu’une activité aurorale annoncée si discrète puisse offrir un spectacle d’une telle intensité.

La conclusion est simple : il faut toujours y aller. On ne risque rien — si ce n’est de repartir avec les plus belles images que la nature puisse offrir.

Matériel : Canon 5DS, Samyang 14mm f/2.8 et trépied Benro


Nightscape – Sadeq Hayati

Aujourd’hui, le téléphone portable n’est plus seulement un outil pour communiquer : il est devenu une véritable fenêtre ouverte sur l’infini. En quelques gestes, il nous donne accès au savoir universel… et désormais aussi aux merveilles du cosmos.

Cette image a été réalisée en une seule prise en Islande, avec mon smartphone Samsung en mode Pro et un temps de pose de huit secondes. Elle représente l’arche arctique de Heimskautsgerðið, située à Raufarhöfn.

Cette porte de pierre aux lignes triangulaires est un point d’observation privilégié des aurores boréales. Je l’ai photographiée à l’instant précis où le ciel s’embrasait de rouge et de vert. Debout sous l’arche, j’ai cherché à traduire ma propre petitesse face à la grandeur de ce spectacle. Cette explosion de beauté, surgie au-dessus de moi, restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Idem : Samsung Galaxy S23 avec trépied pour smartphone


Guardians of the Aurora – Daniel Mickleson

Un phénomène auroral rare a illuminé la côte ouest de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande d’un rideau de rose et de vert éclatant. Au premier plan, les formations rocheuses connues sous le nom des Trois Sœurs veillent sur le littoral, tandis que le mont sacré Taranaki Maunga se dresse au loin. Dans le Te ao Māori (la vision du monde maorie), ces éléments naturels ne sont pas de simples paysages, mais des présences ancestrales, porteuses d’un rôle de gardiennes. Sous l’aurore boréale, la terre, le ciel et les ancêtres convergent en un instant à la fois fugace et intemporel. Après avoir photographié ma première aurore boréale lors de la tempête de mai 2024, j’étais fasciné. Ayant voyagé plusieurs heures depuis chez moi jusqu’à ce lieu si particulier, j’espérais que les prévisions seraient exactes. Même avec une lune presque pleine, le spectacle était grandiose. Je pouvais voir les rayons danser au-dessus de ma tête – un spectacle véritablement époustouflant.

Matériel : Canon R5 avec objectif Canon 16-35mm f/2.8 II


One Autumn Night – Jesús Garrido

Le 1er octobre 2025, dès l’instant où j’ai passé le pas de ma porte, j’ai senti que la soirée serait particulière. L’activité solaire s’annonçait prometteuse, et une idée ne cessait de me traverser l’esprit : trouver une étendue d’eau encore libre pour saisir les reflets. Bientôt, les lacs seraient pris par la glace et ensevelis sous la neige. C’était sans doute l’une des dernières occasions avant l’installation définitive de l’hiver.

J’ai pris la route en direction d’une petite baie du lac Torneträsk, du côté de Abisko, un lieu que j’aime particulièrement pour son calme et sa protection naturelle contre le vent. À peine arrivé, les aurores ont commencé à glisser lentement dans le ciel, avant de s’animer soudainement dans une danse lumineuse. Des teintes rouges ont surgi à l’horizon sud, tandis que le lac, d’un calme absolu, reflétait chaque frémissement du spectacle céleste au-dessus de moi.

Matériel : Sony A1 avec objectif Sony 14mm f/1.8GM et trépied Benro Mach3 Series 4 


Celestial Fireworks on New Years – Sara Aurorae

Le soir du Nouvel An, sous le ciel profond de l’Australie, mes amis et moi avons été saisis par un véritable feu d’artifice céleste. Les aurores australes ont soudain embrasé le ciel au-dessus de notre paisible campement dans les Otways. Des rubans de rose, de violet et de vert ondulaient dans l’obscurité, parfaitement visibles à l’œil nu, comme si l’univers lui-même avait décidé de se joindre à notre célébration et d’exaucer nos vœux pour 2025.

Le spectacle est apparu sans le moindre avertissement, ne me laissant que quelques secondes pour sortir mon appareil et cadrer la scène. Le premier plan reste volontairement simple, mais cela ne me dérange pas : l’alignement des arbres sur la droite conduit naturellement le regard vers cette explosion de lumière dans le ciel. Cette photographie cache pourtant un trésor bien plus précieux qu’une simple composition : elle nous rappelle que, même au cœur des instants les plus ordinaires, la magie peut surgir là où on l’attend le moins.

Matériel : Nikon Z7i avec objectif Nikon Z Nikkor 20mm f/1.8 S


Llangrannog Aurora – Mathew Browne

J’ai eu l’immense privilège d’immortaliser ce spectacle d’aurores boréales sur la côte sauvage du Ceredigion, à l’ouest du Pays de Galles. Le village de Llangrannog n’est pourtant pas connu pour ce genre de phénomène. On le célèbre surtout pour sa plage, ses falaises spectaculaires et la statue de saint Crannog, qui veille sur le littoral.

À cette latitude — environ 52 degrés nord — observer des aurores reste exceptionnel. Chaque image est donc le fruit d’une préparation minutieuse, d’un timing précis, d’un ciel parfaitement dégagé et, bien sûr, d’une part de chance. Le résultat est une vision lumineuse et inattendue de ce village côtier plein de charme, et j’aime profondément la manière dont tous les éléments s’y répondent. Photographier les aurores boréales sur mes terres natales restera, sans aucun doute, l’un des grands moments de ma carrière.

Matériel : Sony A7RIV avec objectif Sony 12-24mm f/4 et trépied Benro Mach 3 


Aurora Bouquet Above Godafoss – Martin Giraud

Lors de mon voyage en Islande, j’ai traversé le pays du sud au nord, au fil de paysages en perpétuelle métamorphose, presque entièrement enveloppés de neige. Goðafoss, la célèbre « cascade des dieux », s’est imposée comme une étape incontournable dans le nord de l’île. C’est ici qu’en l’an 1000, lors de la conversion de l’Islande au christianisme, les idoles des anciens dieux païens furent jetées dans les eaux tumultueuses. L’ampleur du site est saisissante, et sa puissance nous a immédiatement plongés dans un sentiment d’immensité.

Nous sommes arrivés sur place en fin d’après-midi pour profiter des dernières lueurs du jour et repérer les cadrages. Les prévisions d’aurores boréales étaient très encourageantes, mais à la tombée de la nuit, le ciel est resté obstinément couvert. Nous avons alors fait une courte halte dans le van pour nous réchauffer et patienter, sans trop y croire… jusqu’à ce que, soudainement, le ciel se libère entièrement.

Nous nous sommes aussitôt avancés au plus près de la cascade, avons installé nos appareils, et presque immédiatement, les aurores sont apparues. Les couleurs de cette nuit-là étaient particulièrement singulières, glissant du rose au violet, puis au vert, comme une palette céleste accompagnant le rugissement de l’eau.

Matériel : Canon 6D défiltré avec objectif Sigma Art 20mm


Auroral Cinnamon Roll – Marc Rassel

Cette nuit restera longtemps gravée dans ma mémoire. Elle avait débuté comme tant d’autres dans les hautes latitudes, avec un simple arc auroral glissant lentement vers l’équateur avant de s’élever au-dessus de nos têtes. Puis, en l’espace de quelques instants, le ciel s’est embrasé, donnant naissance à l’une des aurores boréales les plus intenses qu’il m’ait été donné d’observer.

Les particules chargées qui composent l’aurore suivent les lignes du champ magnétique terrestre, des lignes invisibles mais en perpétuel mouvement. Cette nuit-là, une tempête géomagnétique les a littéralement mises en tension, les faisant se tordre, onduler et tournoyer dans le ciel. Les lumières ont alors dessiné une gigantesque spirale aérienne, presque irréelle — une forme qui me rappelait, avec poésie, un pain à la cannelle suspendu dans l’obscurité.

Mais ce spectacle ne m’était pas destiné à moi seul. J’avais la chance d’accompagner ce soir-là une mère et sa fille venues réaliser un rêve : observer une aurore boréale pour la toute première fois, ensemble, à Fairbanks. Entendre leur émerveillement, sentir leur joie vibrer dans la nuit, et les voir partager cet instant de grâce a rendu cette expérience encore plus précieuse. Cette nuit-là, la magie du ciel avait trouvé un écho parfait sur la terre.

Matériel : Canon EOS R5 avec objectif Canon RF 15-35mm f/2.8 L is USM et trépied Sunwayfoto T3240CK 


Fiordland Aurora and Lupins – Douglas Thorne

Cette aurore boréale a littéralement embrasé la nuit du début à la fin. Je me trouvais à Cascade Creek, au cœur du Fiordland, plongé dans la beauté brute de la forêt sauvage, entouré de fleurs délicates et du murmure apaisant du ruisseau. Je rêvais de composer une image avec les lupins violets au premier plan, dominés par l’aurore dans le ciel, sans toutefois savoir exactement où les trouver.

Cette photographie a finalement été réalisée depuis mon second point de vue de la nuit, le premier s’étant révélé presque dépourvu de lupins. J’ai longuement exploré les alentours, cherchant la composition idéale, jusqu’à ce que tout s’aligne enfin. Le résultat a largement récompensé cette quête nocturne. J’aime la manière dont l’image rassemble les montagnes, le cours d’eau, la forêt et les lupins dans une même harmonie de formes et de couleurs. Le panorama final est issu de l’assemblage de six prises de vue.

Matériel : Sony A7IV avec objectif Laowa 15mm f/2 


Alone Beneath the Dancing Sky – Nikola Vukotić

Cette image a été réalisée lors de la deuxième nuit de mon séjour aux îles Lofoten, à l’occasion de mon tout premier voyage au-delà du cercle polaire arctique. La veille, j’avais découvert les aurores boréales pour la toute première fois. Avec mes amis et d’autres photographes, nous étions portés par une joie presque enfantine, comme si l’un de nos rêves les plus fous venait soudain de prendre vie.

Ce soir-là, presque par hasard, je me suis retrouvé sur la plage de Skagsanden, simplement dans l’idée de photographier le coucher du soleil. Mais à mesure que la lumière déclinait, le ciel s’est soudain embrasé de couleurs, prenant tout le monde à contre-pied alors que les prévisions n’annonçaient que des nuages. L’aurore ondulait dans des teintes de vert et de rouge au-dessus d’une plage presque déserte. Sur l’un des clichés, j’ai même découvert plus tard la silhouette de mon ami Luka, immobile face au ciel, happé par le même émerveillement.

Des instants comme celui-ci nous rappellent que la nature ne suit jamais vraiment nos plans, et que les plus belles images sont souvent celles que l’on crée sans les avoir prévues, simplement en prenant le temps d’observer et de se laisser surprendre par le monde.

Matériel : Sony A7 IV avec objectif Sony FE 16-25mm f/2.8 G et trépied Manfrotto Befree Advanced Travel 


Auroral Reflections – Travis D. Amick

La nuit avait commencé sous de très bons auspices, avec l’arrivée très attendue d’une importante éjection de masse coronale (EMC) en route vers la Terre. Ces phénomènes, à l’origine des plus belles aurores boréales, sont de formidables déclencheurs d’observations spectaculaires jusque dans des latitudes plus basses, notamment lors des « sous-orages » auroraux, ces brèves poussées d’activité intense.

L’alerte annonçant l’impact de l’EMC est tombée bien plus tôt que prévu via SpaceWeatherLive. Déjà prêt, j’ai aussitôt pris la route vers un étang isolé au nord de Ketchum. Après le choc initial, le temps a semblé suspendu : seule une faible lueur aurorale persistait à l’horizon. J’étais sur le point de renoncer lorsque, soudain, le ciel s’est embrasé dans une explosion de couleurs, révélant les plus intenses lueurs rouges visibles à l’œil nu que j’aie jamais observées.

Je me suis alors élancé vers l’étang pour capturer ces éclats rouges vibrants se mêlant aux teintes de l’aurore, parfaitement reflétées à la surface de l’eau immobile. Quelques minutes plus tard, la sous-tempête s’est dissipée aussi vite qu’elle était apparue, et l’aurore s’est à nouveau estompée, ne laissant qu’une faible lueur au loin. La chasse aux aurores exige patience et préparation, mais ces instants fugaces d’émerveillement donnent tout son sens à l’attente.

Matériel : Sony A7RIV avec objectif Sony FE 14mm f/1.8 et trépied Peak Design 


A Cathedral of Green Light Rising Over Skógafoss – Victor Lima

Par des nuits comme celle-ci, l’Islande paraît presque irréelle. L’aurore boréale se déployait en arcs parfaitement superposés, inondant la vallée de lueurs émeraude, tandis que le grondement de la cascade résonnait sous cette voûte lumineuse. Le reflet dans les eaux peu profondes, déjà marquées par le gel, venait parfaire la symétrie de la scène, donnant au paysage des allures de passage vers un autre monde. Il était impossible de rester là sans ressentir, presque physiquement, la puissance de la nature.

Face à cette cascade, le réflexe instinctif aurait été d’utiliser un objectif autour de 20 mm. Mais en observant attentivement la scène, j’ai remarqué que les arcs auroraux se prolongeaient et s’alignaient avec les reliefs environnants. J’ai alors choisi de réaliser un panorama à l’aide d’un fisheye de 12 mm, afin de limiter le nombre de prises nécessaires. J’ai également décidé d’exploiter le ruisseau formé par la chute d’eau pour y capturer le reflet du ciel et du paysage, renforçant ainsi la richesse de la composition.

Équipé de bottes censées être imperméables — du moins en théorie — je me suis avancé dans le cours d’eau, j’ai installé mon trépied au ras de la surface et j’ai déclenché la série de prises de vue qui allait me permettre d’assembler le panorama par la suite.

Matériel : Canon EOS R6, Rokinon 12mm f/2.8 ED AS IF et trépied Manfrotto MT055XPRO3


Veni, Vidi, Vici – Marina Prol

Veni, vidi, vici. Je suis venu, j’ai vu… et j’ai été conquis. C’est exactement ce que je me suis dit lors de ma toute première nuit en Laponie finlandaise, le 19 février 2025. Après une attente interminable, la découverte de ma première aurore boréale m’a littéralement coupé le souffle. Les couleurs, le mouvement des voiles lumineux, cette beauté brute et irréelle… J’étais si absorbé par le spectacle que j’en ai presque oublié les –18 °C.

Le petit chalet, niché dans ce décor glacé, formait un refuge chaleureux et ajoutait une touche de douceur à l’immensité blanche. Mais la véritable vedette de la nuit restait l’aurore — arrivée avec un léger retard, certes, mais dans un éclat spectaculaire. Le ciel s’est ouvert comme un rideau de lumière verte, et l’espace d’un instant, j’ai eu la sensation d’entrer dans un conte de fées.

Pouvoir immortaliser un tel moment dès ma toute première nuit en Laponie reste l’un de mes souvenirs les plus vibrants de photographe.

Matériel : Sony A7IV, Sony FE 12-24mm f/2.8 GM et trépied Benro Mach 3


Northern Lights Over North Greenland – Ollie Taylor

Après plusieurs journées de février marquées par un froid intense, ce lac niché au cœur du cercle polaire arctique, au Groenland, s’est soudain dévoilé. Habituellement enfoui sous un épais manteau neigeux à cette période de l’année, il laissait apparaître d’extraordinaires formations de glace sculptées par le gel. En plein cœur de l’hiver, le lac est entièrement figé, et l’épaisseur de la banquise permet d’observer, en toute sécurité, les bulles emprisonnées et les structures cristallines jusqu’au fond.

Après plusieurs heures d’attente et de recherche du meilleur point de vue, une fine bande d’aurores boréales est apparue dans le ciel, animée de teintes violettes vibrantes, en parfaite résonance avec la composition que j’avais imaginée. Cette image restitue avec justesse l’atmosphère du lieu : la densité et la texture de la glace, les verts et les rouges éclatants de l’aurore, sublimés par les nuances violettes du ciel étoilé.

Matériel : Sony A7III défiltré, Sony 14mm f/1.8 trépied Gitzo


Si ces images vous ont fait rêver, voyager ou simplement lever les yeux, nous vous invitons à découvrir l’intégralité de la sélection sur le site de Capture the Atlas. Vous y trouverez bien plus que des photos : une véritable célébration de la nuit, de la lumière et de la passion qui anime les photographes du monde entier.

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