Les 10 plus beaux paysages de France à photographier en automne
Chaque automne, la France revêt ses plus beaux habits. Les feuillages s’enflamment, les brumes s’élèvent au-dessus des rivières et la lumière devient plus douce. C’est la saison idéale pour la photographie de paysage, mais encore faut-il savoir où poser son trépied pour capter toute cette beauté éphémère. Voici un voyage à travers dix lieux emblématiques de France à photographier en automne.
La forêt d’Orléans : symphonie de chênes et de brume

C’est l’une des plus vastes forêts d’Europe occidentale, et sans doute l’une des plus magiques à l’automne. La forêt d’Orléans, avec ses chênes, ses pins et ses hêtres, s’étend à perte de vue. À l’aube, la brume s’attarde entre les troncs et les premiers rayons du soleil sculptent l’espace. C’est l’heure dorée par excellence, avec des faisceaux lumineux qui filtrent à travers les branches et où chaque particule de rosée devient un point de lumière. Pour le photographe, ces conditions offrent un contraste subtil entre netteté et flou. Il faut savoir guetter les ouvertures dans la canopée et se placer à contre-jour pour capter la densité de la lumière. En fermant légèrement le diaphragme, on peut révéler les rayons du soleil, tandis qu’une vitesse lente, si la brume est dense, accentuera l’atmosphère mystique.
La forêt d’Orléans, par son étendue, permet aussi de varier les approches : paysages de sous-bois, détails de feuilles, silhouettes d’animaux discrets, ou abstractions de lumière. Ici, chaque pas réserve une nouvelle composition.
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Le Jura : la cathédrale des couleurs

Lorsque les premiers froids s’installent, le Jura se métamorphose. Les montagnes, les vallées encaissées et les forêts se couvrent d’une palette que seul l’automne peut offrir. Les érables et les hêtres embrasent les flancs des collines, tandis que les lacs du plateau – Chalain, Bonlieu, Ilay – reflètent ces nuances comme des miroirs géants. La photographie y devient un dialogue entre l’eau et la lumière. Pour obtenir des reflets parfaits, il est préférable d’attendre la fin de matinée, quand le vent tombe et que la surface de l’eau devient lisse. Un filtre polarisant peut aider à saturer les couleurs et à réduire les reflets indésirables. Au lever du jour, les brumes s’élèvent souvent des lacs : un moment à saisir absolument. En ajustant la balance des blancs sur une température légèrement plus chaude, les tons dorés se révéleront avec douceur. Les cascades du Hérisson, quant à elles, se prêtent à la pose longue. Un trépied, un filtre ND et une vitesse de 1/4 à 2 secondes suffisent pour transformer le flux de l’eau en soie mouvante.
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Le parc national des Cévennes : une mosaïque vivante

Dans les Cévennes, l’automne semble durer plus longtemps qu’ailleurs. Les vallées profondes, les châtaigneraies centenaires et les drailles bordées de murets de pierre offrent un spectacle changeant à chaque jour. Le châtaignier, emblème du pays, se couvre de teintes ambrées, et la lumière douce et chaude dessine les reliefs du paysage. C’est une terre d’ombres et de brumes, où la photographie se joue sur la nuance. Il faut aimer se lever tôt, marcher dans le froid humide du matin et attendre que la lumière vienne lécher les feuilles. Les brumes des vallées offrent souvent un sujet à part entière : en choisissant un point de vue dominant, on peut capturer la mer de nuages qui recouvre les hameaux. Un téléobjectif permettra d’isoler les crêtes émergentes, créant une composition presque graphique.
Les Vosges : entre brume et lumière

Les Vosges incarnent l’automne dans sa forme la plus romantique. Les lacs glaciaires, les forêts denses et les crêtes balayées par la lumière rasante forment une succession d’ambiances où le photographe se sent transporté dans un rêve. De la fin septembre à la mi-octobre, les hêtres et les érables se parent de feu, tandis que les sapins sombres assurent le contraste.
Les lacs de Lispach et de Longemer sont des lieux privilégiés pour capturer les reflets des arbres dans l’eau. Le matin, les brumes se lèvent lentement, offrant ces instants fugaces où le monde semble suspendu. C’est le moment de privilégier les compositions simples : un arbre isolé, un reflet, un rayon de lumière. Le secret de ces images tient souvent à la mesure : éviter la surexposition des hautes lumières et préserver la densité des ombres. Dans les forêts de Gérardmer ou de la Bresse, les tapis de feuilles forment des motifs naturels propices aux cadrages graphiques.
Le parc naturel régional du Morvan : l’automne des légendes

Au cœur de la Bourgogne, le Morvan offre une nature rude et poétique. C’est une terre de forêts profondes, de rivières secrètes et de lacs enveloppés de brume. Lorsque l’automne s’installe, les chênes, les bouleaux et les hêtres s’embrasent, tandis que les lacs de Settons et de Saint-Agnan se transforment en miroirs dorés. Les couleurs y sont intenses, mais jamais criardes. La lumière, souvent voilée, adoucit les contrastes et offre un rendu presque pictural. Un réglage en mode manuel permet de contrôler précisément l’exposition pour éviter que les zones claires ne brûlent. Un filtre polarisant est alors un allié précieux pour renforcer la saturation des feuillages et redonner de la transparence à l’eau. Le Morvan se prête aussi merveilleusement à la macrophotographie. Les mousses, les champignons, les feuilles détrempées deviennent des mondes à part. En abaissant le trépied au ras du sol et en ouvrant à f/2,8, on obtient des images d’une douceur onirique.
Le Queyras : un automne de lumière pure

Le Queyras, dans les Alpes du Sud, semble avoir été inventé pour l’automne. À partir d’octobre, les forêts de mélèzes s’embrasent d’un or incandescent. Le ciel y est d’un bleu profond, la lumière d’une pureté presque cristalline. Les villages de Saint-Véran, Ceillac ou Arvieux se fondent dans ce décor de carte postale. La transparence de l’air et la netteté de la lumière permettent de jouer sur les perspectives et la profondeur. Les focales longues sont idéales pour comprimer les plans et faire ressortir les contrastes entre les arbres dorés et les crêtes enneigées. À l’aube et au crépuscule, le spectacle devient féerique : les mélèzes prennent feu, les ombres s’allongent, la lumière se concentre sur les versants exposés. C’est l’heure où un filtre dégradé neutre permet de préserver le ciel tout en gardant du détail dans le paysage.
La forêt de Fontainebleau : le tableau impressionniste

À moins d’une heure de Paris, la forêt de Fontainebleau est un joyau pour les photographes de nature. Ses chaos de grès, ses pins, ses bouleaux et ses hêtraies dessinent un labyrinthe de formes et de couleurs. À l’automne, les feuilles rousses tapissent le sol, les mousses verdissent les rochers et la lumière traverse le sous-bois avec douceur. C’est un lieu qui se prête merveilleusement bien au jeu du cadrage. Les blocs de pierre, les troncs et les sentiers permettent des compositions structurées. En travaillant à grande ouverture, on isole les éléments, tandis qu’à f/8 ou f/11, on capture la richesse des textures. Les jours de brume sont particulièrement photogéniques : les contrastes diminuent, les teintes se fondent, et les plans successifs créent une atmosphère enveloppante. Fontainebleau est aussi une école du regard. Ici, il ne s’agit pas de chercher le grandiose, mais l’équilibre. L’automne invite à la photographie contemplative, presque méditative. On comprend vite pourquoi les peintres de Barbizon venaient y poser leur chevalet : la lumière y est unique.
Le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne : puissance et douceur

L’Auvergne à l’automne est un pays de feu et de brume. Les anciens volcans, modelés par le temps, s’illuminent de couleurs chaudes qui contrastent avec les cendres sombres et le vert persistant des pâturages. Le puy de Dôme, le Sancy ou le puy Mary dominent des vallées où s’étendent forêts et rivières. Le matin, la lumière dorée embrase les crêtes. En contre-jour, les herbes sèches se transforment en fils d’or. Une mesure spot sur les zones claires permet de préserver le détail des hautes lumières. Les conditions météorologiques changeantes de la région exigent une grande réactivité : le ciel se couvre en quelques minutes, offrant des ambiances dramatiques idéales pour les panoramas. L’Auvergne, c’est aussi le royaume du format large. Les paysages vastes appellent les focales grand-angle et les compositions aérées. Les contrastes entre ombre et lumière, entre ciel et terre, y prennent une dimension presque spirituelle.
La Bretagne intérieure : poésie des sous-bois et des rivières

Loin des tempêtes maritimes, la Bretagne intérieure révèle un visage intime et secret. La forêt de Brocéliande, avec ses chênes tordus et ses rochers couverts de mousse, semble tout droit sortie d’un conte. À l’automne, la lumière s’y fait tamisée et chaque pierre suinte d’humidité. C’est un lieu qui incite à la lenteur. Les sous-bois exigent une attention particulière à la gestion de la lumière. Il faut éviter les surexpositions dues aux percées du soleil à travers la canopée. En travaillant en RAW, on conserve une latitude de retouche suffisante pour équilibrer ces zones contrastées. Un trépied et une faible sensibilité ISO permettront de préserver la richesse des détails. Les ruisseaux du Val sans Retour ou de la vallée de l’Aff sont parfaits pour la pose longue. Les feuilles qui dérivent à la surface créent des arabesques dorées qu’il suffit de laisser dessiner.
Les Pyrénées : grandeur et silence

Fin octobre, les Pyrénées s’embrasent. Les forêts de hêtres rougissent, les torrents se calment et les premiers flocons blanchissent les sommets. Le cirque de Gavarnie, la vallée d’Ossau ou encore le val d’Azun offrent des paysages d’une puissance saisissante. La lumière rasante s’accroche aux crêtes et illumine les pentes d’or. C’est la saison idéale pour la photographie de montagne. Le contraste entre les zones encore vertes des vallées et les crêtes enneigées crée une dynamique visuelle forte. Il faut surveiller la météo, souvent capricieuse, mais c’est justement dans ces moments d’incertitude que naissent les plus belles images. Les brumes qui s’accrochent aux pentes, les éclaircies soudaines, les ombres profondes : tout y est matière à émotion.
L’automne, saison de lumière et d’émotion
Photographier l’automne en France, c’est avant tout apprendre à regarder autrement. C’est accepter de ralentir, d’observer les variations du ciel, de respirer le froid du matin et de se laisser surprendre. Les couleurs ne sont pas toujours flamboyantes, la lumière n’est pas toujours parfaite, mais chaque instant contient une beauté fragile, qu’il faut savoir accueillir. C’est une saison qui enseigne la simplicité. Une feuille posée sur l’eau, un chemin couvert d’aiguilles, un rayon filtrant entre deux troncs peuvent suffire à dire l’essentiel. L’automne n’a pas besoin d’artifice, il demande seulement de la présence. Et si ces dix lieux ne sont qu’un aperçu, ils rappellent une évidence : la France, par la diversité de ses paysages, offre au photographe l’un des plus beaux terrains de jeu du monde. À condition de se lever tôt, de rester curieux et de savoir lire à travers la lumière.






