Un océan de talent : les lauréats du concours Ocean Art 2024
Le concours Ocean Art 2024 a une fois de plus mis en lumière la splendeur et la diversité du monde sous-marin. Organisé par l’Underwater Photography Guide, cet événement annuel attire des photographes du monde entier, désireux de partager des clichés exceptionnels des profondeurs marines. Cette année, la compétition a reçu des milliers de participations provenant de plus de 90 pays, reflétant un engouement croissant pour la photographie sous-marine et une prise de conscience accrue de l’importance de la conservation des océans.
Meilleure photo du concours : Eduardo Labat
Déclaration de l’artiste : c’était notre dernière plongée de la journée, en fin d’après-midi, alors que le soleil déclinait doucement. À Roca Partida, les requins à pointe blanche se regroupent souvent en petits bancs sur les rebords de la formation rocheuse. Ce jour-là, un grand rassemblement de ces requins s’est formé à une certaine distance du rocher. Des dizaines d’entre eux nageaient ensemble, serrés les uns contre les autres, à une profondeur d’environ 25 pieds. Ils ne chassaient pas et n’adoptaient aucun comportement agressif. Après avoir observé ce spectacle rare depuis la périphérie de la formation, j’ai lentement remonté à la surface pour planer juste au-dessus du groupe. C’est à ce moment que j’ai capturé cette photo. Vue d’en haut, leur nage synchronisée dans un mouvement circulaire était fascinante. J’ai choisi de traiter cette image en noir et blanc pour mettre en valeur la géométrie unique de la formation rocheuse et accentuer le contraste saisissant entre les pointes blanches des requins et le reste de leur corps.
Matériel : Sony A6600 avec objectif Tokina 10-17mm F/3.5-4.5
Catégorie grand angle : Hwanhee Kim
Déclaration de l’artiste : la lumière est sans doute l’un des plus beaux cadeaux offerts par la nature. Une semaine avant que je ne prenne cette photo, de fortes pluies avaient frappé Cancun. Les eaux voisines avaient déversé sédiments et nutriments dans le cénote, créant une palette de couleurs incroyables dues aux différences de concentration. Si la pluie est souvent un défi pour la photographie sous-marine, cette fois, elle a offert des teintes vibrantes rarement observées sous l’eau. Les rayons du soleil, empreints d’une vitalité éclatante, ont traversé les eaux rougeâtres, révélant une scène empreinte de magie. La lumière semblait établir un lien subtil entre la terre et les profondeurs, unissant la nature et l’humanité. Être témoin de cette splendeur fut un privilège, et j’ai eu la chance de pouvoir la capturer à travers mon objectif.
Matériel : Nikon D850 avec objectif Nikon 8-15 mm
Catégorie macro : Adam Martin
Déclaration de l’artiste : ce poisson chauve-souris juvénile a été observé à une profondeur de 25 m à Tulamben en Indonésie. Pour capturer cette image, j’ai utilisé un snoot afin de concentrer la lumière du flash uniquement sur le sujet, tout en minimisant l’éclairage de l’arrière-plan. Cette technique d’éclairage met en avant la texture et la structure détaillées du corps du poisson, tout en accentuant ses lignes élégantes et ses couleurs éclatantes.
Matériel : Sony A7RV avec objectif Canon 100 mm f/2,8 Macro
Catégorie comportement de la vie marine : Yoichi Sato
Déclaration de l’artiste : j’ai eu le privilège d’immortaliser l’instant unique et précieux de l’éclosion d’une minuscule créature. Par une nuit d’été, tandis que la plupart des animaux dormaient paisiblement, un mâle Ostorhinchus properuptus, après une semaine d’incubation, a rassemblé toute son énergie pour libérer un essaim de larves de sa bouche dans un mouvement tremblant. Pour réduire au maximum le stress du poisson, j’ai suivi le processus sous une faible lumière rouge. Au moment précis de l’éclosion, j’ai utilisé un éclairage rouge couplé à une configuration spéciale qui éteignait automatiquement cette lumière dès que le pré-flash du stroboscope était détecté. Cette technique a permis d’éliminer toute interférence lumineuse, capturant ainsi ce moment exceptionnel avec une naturalité et une fidélité remarquables.
Matériel : Canon EOS R5 avec objectif Canon EF-S 60mm F2.8 Macro USM
Catégorie portrait : Stefano Cerbai
Déclaration de l’artiste : lors de ma lune de miel en Australie, l’un des moments les plus mémorables fut notre visite dans le sud du pays, où j’ai eu l’opportunité de plonger à la recherche du mystérieux hippocampe feuille, une créature que je rêvais d’observer depuis des années. J’ai eu la chance extraordinaire non seulement de le trouver et de l’admirer, mais aussi de le photographier portant ses œufs, délicatement fixés sur son dos près de sa queue. Ce moment unique restera gravé dans ma mémoire comme l’accomplissement d’un rêve devenu réalité.
Matériel : Nikon D7200 avec objectif Tokina 10-17 mm
Catégorie eau froide : James Emery
Déclaration de l’artiste : lors d’une plongée à Monterey, alors que je photographiais les champs de Metridium, j’ai aperçu un cormoran nageant dans notre direction. À ma grande surprise, il s’est mis à picorer la tête de ma femme, qui, étonnamment, n’a pas réagi. J’ai rapidement nagé pour capturer quelques clichés, mais l’oiseau a ensuite été intrigué par le reflet dans le dôme de mon appareil photo. Il est resté avec nous environ 20 minutes, alternant entre des remontées pour respirer et des retours pour nous observer. Ce moment unique et amusant m’a offert un aperçu fascinant de la curiosité de ce cormoran, et j’ai eu la chance de l’immortaliser.
Matériel : Sony a7iii avec objectif Canon 8-15 mm
Catégorie nudibranches : Borut Furlan
Déclaration de l’artiste : en octobre 2024, j’ai visité l’île de Vancouver pour la première fois, marquant également ma toute première découverte du Canada. Ne connaissant pas bien la région, j’ai opté pour un objectif zoom grand angle lors de la plupart de mes plongées, en raison de sa polyvalence. Ce choix s’est avéré judicieux, car il m’a permis de capturer une grande variété de sujets (à l’exception des plus petits). Lorsque j’ai atteint une forêt de varech peuplée de nudibranches à capuchon, j’ai été absolument stupéfait. Je n’avais jamais vu autant de nudibranches réunis en un seul endroit. Ils étaient des milliers, partout : sur le fond marin, accrochés au varech, et même en train de nager. J’ai pris des centaines de photos pour immortaliser ce spectacle, et cette image fait partie de cette incroyable série.
Matériel : Nikon D850 avec objectif Nikkor 28-80/3.3-5.6
Catégorie eaux profondes : Kyungshin Kim
Déclaration de l’artiste : j’ai pris cette photo lors d’une plongée en eaux profondes à Anilao en novembre dernier. Au départ, j’ai remarqué deux calmars collés l’un à l’autre et pensé qu’ils s’accouplaient. En y regardant de plus près, j’ai réalisé qu’il s’agissait en réalité d’un cas de cannibalisme : l’un des calmars était en train de dévorer l’autre, plus petit. Bien que le cannibalisme soit un comportement connu chez les calmars, il est rare d’observer de si jeunes spécimens s’adonner à cela lors d’une plongée en eaux noires. J’ai suivi la scène avec attention et réussi à capturer quelques images. Après environ 10 minutes, les couleurs vives du calmar plus petit ont commencé à s’effacer, jusqu’à ce qu’il libère un dernier jet d’encre noire. Peu après, le calmar prédateur, ayant terminé son repas, s’est éloigné lentement dans l’obscurité, tandis que sa proie coulait doucement vers les profondeurs sombres de la mer.
Matériel : Nikon Z8 avec objectif Nikon 60 mm macro
Catégorie conservation sous-marine : Kimber Greenwood
Déclaration de l’artiste : cette image a été réalisée dans le cadre d’un projet de sensibilisation mené par le Florida Springs Council sur les conséquences de l’embouteillage de l’eau sur les sources locales de Floride. Chaque minute, plus de 300 bouteilles d’eau sont produites dans des usines d’embouteillage, notamment celles situées à proximité de la source où cette photo a été prise. Ces bouteilles, non seulement terminent souvent dans des décharges et libèrent des micro-plastiques dans l’environnement, mais leur production entraîne également une extraction excessive de l’eau de l’aquifère de Floride. Cette surexploitation réduit le niveau et le débit de l’eau, contribuant ainsi à la dégradation des sources et des rivières environnantes. Les bouteilles utilisées pour cette image ont été fournies par un militant local engagé dans la conservation, qui les a récupérées directement de la chaîne de production d’une usine d’embouteillage. Les photos issues de cette campagne sont diffusées sur les réseaux sociaux et dans des publicités imprimées pour inciter les gens à adopter des bouteilles réutilisables, un choix plus respectueux de l’environnement et essentiel pour préserver les écosystèmes locaux de Floride.
Matériel : Sony A7IV avec objectif Sony 24-70mm F2.8 GM
Catégorie art numérique sous-marin : Unkoo Kim
Déclaration de l’artiste : la mer de Seogwipo, où j’ai capturé cette image, occupe une place spéciale dans mon cœur, empreinte de chaleur et de souvenirs précieux. Pourtant, cet environnement est loin d’être idéal pour la photographie sous-marine. L’eau y est souvent trouble, les courants sont puissants, et les défis habituels sont aggravés par des facteurs comme le réchauffement des eaux, le manque de diversité des sujets, et d’autres contraintes rendant la photographie particulièrement complexe.
Je me suis alors interrogé : comment révéler la beauté des créatures marines qui habitent ces eaux difficiles ? C’est ainsi qu’est née l’idée d’utiliser la lumière comme arrière-plan pour sublimer ces êtres marins. Cette image a été prise durant la meilleure saison de l’année. Le sujet principal, un gobie hana bleu, a nécessité des heures d’observation et d’approche patiente. De nombreuses tentatives ont échoué avant d’obtenir ce résultat.
Matériel : Nikon D850 avec objectif Nikon 60 mm macro
Catégorie mode sous-marine : Lucie Drlikova
Déclaration de l’artiste : longue vie à la reine, une plongée dans l’univers de la méchante reine, portée par ses démons, tirée du conte de fées Blanche-Neige. Cette photographie s’inscrit dans mon projet personnel Once Upon a Dream in Waterland, sur lequel je travaille depuis 7 ans. Ce projet est une ode à mes rêves d’enfance, un voyage artistique dans les profondeurs de l’imaginaire. Chaque costume, chaque scène et chaque accessoire présent dans cette série ont été conçus et réalisés à la main par mes soins, ajoutant une touche personnelle et authentique à cet univers onirique.
Matériel : Nikon D810 avec objectif Nikon 17-35 mm f/2,8
Catégorie compact grand angle : Marco Lausdei
Déclaration de l’artiste : nous nous trouvons sur l’un des sites de plongée nocturne les plus emblématiques au monde : Maya Thila. J’y ai observé un requin de récif à pointes blanches effectuant des mouvements cycliques, visiblement attiré par un nuage de poissons argentés regroupés le long du tombant de Thila. En utilisant un rocher voisin comme cachette, j’ai pris soin de dissimuler mes bulles et de me rapprocher progressivement pour ne pas perturber le comportement naturel du prédateur.
Après un moment d’observation, le requin s’est habitué à ma présence, me permettant de patienter jusqu’à ce qu’un de ses passages cycliques le place parfaitement dans la portée de mon flash. J’ai minutieusement chronométré la prise de vue pour capturer à la fois le requin et le mouvement d’évasion des poissons, créant une dynamique saisissante. La photo a été prise en contre-plongée, incluant intentionnellement la surface de l’eau pour apporter une profondeur et une dimension supplémentaires à l’image. Comprendre les habitudes et le comportement de mon sujet a été une étape clé dans la réussite de cette prise.
Matériel : Sony RX100 MK5
Catégorie compact macro : Naomi Springett
Déclaration de l’artiste : pour notre lune de miel, nous avons embarqué pour une croisière de plongée sur la Grande Barrière de corail. Cette photo a été prise lors d’une des plongées les plus mémorables du voyage, sur un site où un corail florissant abritait une vie macro incroyablement riche. Perché fièrement sur un corail soleil noir (Tubastraea micranthus), ce poisson-faucon à long nez (Oxycirrhites typus) m’a offert une rare opportunité : il est resté immobile, presque indifférent à ma présence, suffisamment longtemps pour me permettre de capturer quelques clichés avant de s’éclipser.
Avec tant de poissons tropicaux souvent réticents à l’objectif, ce fut un moment privilégié. Le corail soleil noir, l’un de mes préférés, offrait un contraste saisissant grâce à ses teintes vertes profondes, mettant en valeur la silhouette élégante du poisson. Cette scène reste gravée comme l’un de mes souvenirs favoris d’un voyage de plongée exceptionnel.
Matériel : Olympus Tough TG-4
Pour découvrir l’intégralité des photos primées et vous plonger dans la magie des profondeurs océaniques, nous vous invitons à consulter le site officiel du concours Ocean Art 2024 sur uwphotographyguide.com.
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