Les plus belles photos sous-marines de 2025
Depuis 2014, l’ONU organise chaque année à l’occasion de la Journée mondiale des océans (8 juin) un concours photo international en partenariat avec DivePhotoGuide, l’UNESCO et Oceanic Global. L’édition 2025 a récompensé des clichés époustouflants en quatre catégories : visages sous-marins, paysages sous-marins, paysages marins en surface et merveilles.
Première place catégorie merveille : Rachel Moore
Cette photo, capturée à Moorea en Polynésie française en 2024, immortalise le regard saisissant d’une baleine à bosse baptisée Sweet Girl, quelques jours seulement avant sa disparition tragique. Quatre jours après cette rencontre poignante, l’animal a été percuté et tué par un navire filant à grande vitesse. Sa mort symbolise un drame silencieux : chaque année, environ 20 000 baleines périssent ainsi, victimes de collisions en mer. À travers cette image et cette histoire, nous appelons à un renforcement des mesures de protection, notamment une réduction des vitesses autorisées autour de Tahiti et Moorea pendant la saison des cétacés. Que le souvenir de Sweet Girl devienne un moteur de prise de conscience et d’action, pour préserver ces géants vulnérables et mettre fin à des pertes évitables.
Seconde place catégorie merveille : Luis Arpa Toribio

Ce jeune platax penné (Platax pinnatus) a été photographié dans une lumière tamisée, avec une vitesse d’obturation lente et un mouvement panoramique soigneusement dosé, afin de transmettre une sensation de mouvement et de tension. Les juvéniles de cette espèce sont reconnaissables à leur silhouette noire spectaculaire, bordée d’un orange éclatant — une parure éphémère qu’ils perdent en grandissant, au bout de quelques mois seulement. J’ai croisé cet individu vif et insaisissable dans les eaux tropicales du détroit de Lembeh, en Indonésie. Il m’a fallu patience et persévérance sur deux plongées successives pour parvenir à capturer cet instant : ces jeunes platax, farouches et toujours en alerte, s’élancent sans cesse vers les failles rocheuses à la moindre alerte, rendant chaque prise de vue particulièrement complexe.
Troisième place catégorie merveille : Steven Lopez

Capturée dans les Jardines de la Reina, à Cuba — un sanctuaire marin où les requins sont activement protégés — cette image révèle un requin de récif des Caraïbes glissant entre un groupe de requins soyeux évoluant près de la surface. En combinant une vitesse d’obturation lente avec l’éclair de flashs au moment précis où le requin effectuait une brusque rotation, le photographe a figé le mouvement en une traînée ondulante au-dessus de sa tête, baignée par les reflets dorés du soleil couchant. La richesse de la faune et la sérénité du comportement des requins dans ces eaux illustrent de manière éclatante la promesse d’un océan protégé, tel qu’il pourrait être ailleurs si des mesures similaires étaient mises en place.
Première place catégorie visages sous-marins : Andrey Nosik

Cette image d’un Chirolophis japonicus a été réalisée en mer du Japon, à quelque 80 kilomètres au sud-ouest de Vladivostok, en Russie. J’ai découvert ce poisson orné vers 30 mètres de profondeur, abrité sous la poupe d’une épave. Curieusement, cette espèce ne manifeste aucune crainte face aux plongeurs – bien au contraire. Celui-ci semblait intrigué par ma présence, allant jusqu’à tenter de se poser sur le hublot de mon caisson photo, comme s’il cherchait à nouer un contact. Une rencontre inattendue, presque complice, dans l’obscurité silencieuse des fonds marins.
Seconde place catégorie visages sous-marins : Giacomo Marchione

Au cours d’une de mes nombreuses plongées en eaux noires à Anilao, aux Philippines, mon guide et moi avons repéré une forme étrange, aux mouvements saccadés, flottant à une vingtaine de mètres de profondeur. Elle mesurait entre 10 et 15 centimètres. Très vite, nous avons compris qu’il s’agissait d’une rare pieuvre-couverture (Tremoctopus sp.), une espèce rarement observée. À notre approche, elle a déployé sa spectaculaire membrane, révélant un manteau aux reflets chatoyants. J’ai eu le temps de saisir quelques images avant qu’elle ne disparaisse dans l’obscurité. Ce moment de grâce m’a profondément marquée : rencontrer un tel céphalopode dans son élément relève du privilège. Parmi ses nombreuses singularités, cette espèce est connue pour présenter l’un des dimorphismes sexuels les plus extrêmes du règne animal, les femelles pouvant peser jusqu’à 40 000 fois plus que les mâles.
Troisième place catégorie visages sous-marins : Lars von Ritter Zahony

Les voyages dans la péninsule Antarctique sont toujours synonymes de rencontres étonnantes avec des léopards de mer (Hydrurga leptonyx). S’approchant avec audace, les dents découvertes, cet individu tenait à me faire comprendre que cette partie de l’Antarctique était son territoire. Cette photo a été prise au crépuscule, ce qui crée une atmosphère plutôt maussade.
Première place catégorie paysages sous-marins : Dani Escayola

Cette année, j’ai eu la chance exceptionnelle de plonger dans un lac à méduses, au cœur du sud de l’archipel de Raja Ampat, en Indonésie. Nager au milieu de millions de ces créatures translucides, évoluant lentement dans une eau paisible, fut une expérience d’une rare intensité. Privées de prédateurs depuis des millénaires, ces méduses ont perdu leur pouvoir urticant, rendant possible cette immersion féerique. Un moment suspendu, presque irréel, qui restera sans doute comme l’un des plus inoubliables de ma vie de plongeur.
Seconde place catégorie paysages sous-marins : Gerald Rambert

Cette image saisit un moment rare : un banc de raies reposant dans une station de nettoyage au large de l’île Maurice, un site autrefois fréquenté régulièrement en raison de ses puissants courants. Certaines d’entre elles, habituées à la présence des plongeurs, autorisaient des approches rapprochées, offrant des scènes d’une grande intensité. Mais depuis le sévère épisode de blanchissement des récifs survenu l’an dernier, ces rassemblements sont devenus bien plus rares. J’ai le sentiment mélancolique d’avoir assisté à l’un des derniers spectacles de ce genre en ce lieu, peut-être à jamais transformé.
Troisième place catégorie paysages sous-marins : Pedro Carrillo

« La Rapadura » est un joyau géologique méconnu niché au nord de Tenerife, dans l’archipel des Canaries. Resté dans l’ombre jusqu’à sa découverte en 1996, ce site exceptionnel figure aujourd’hui parmi les plus beaux paysages sous-marins du globe, et fait régulièrement partie des lieux de plongée les plus fascinants au monde. Ses impressionnantes colonnes de basalte, sculptées par une activité volcanique vieille de 500 000 à un million d’années, sont nées d’une coulée de lave qui, en rencontrant l’océan, s’est refroidie brutalement avant de se contracter. Le résultat : une architecture minérale aux allures de tuyaux d’orgue, saisissante de régularité et de force.
Situé dans une zone autrefois affectée par des pratiques de pêche illégale, ce site d’une grande richesse est aujourd’hui reconnu pour sa double valeur – géologique et écologique. Il attire autant les scientifiques que les photographes sous-marins, qui plaident activement pour sa préservation.
(Mannequin : Yolanda Garcia)
Première place catégorie paysages marins en surface : Leander Nardin

Depuis les airs, cette photographie dévoile un paysage saisissant : un lac paisible lové entre des dunes arides, traversé par un ruisseau discret qui semble insuffler la vie au cœur même de la Terre Mère. Capturée au-dessus d’un littoral isolé, non loin de Shark Bay, en Australie-Occidentale, l’image révèle toute la force des contrastes entre le désert et l’eau, la roche et le vivant. Elle nous rappelle que l’océan n’est pas seulement une étendue d’eau : il est la matrice originelle, à l’origine de toute vie, et le témoin silencieux de l’interdépendance profonde entre tous les éléments de la nature.
Seconde place catégorie paysages marins en surface : Nur Tucker

Au-dessus des falaises escarpées de la réserve naturelle d’Hermaness, à l’extrême nord de l’Écosse, les fous de Bassan (Morus bassanus) dessinent de majestueuses arabesques dans le ciel. Leurs silhouettes élancées, d’un blanc éclatant avec les pointes d’ailes noires, fendillent les vents puissants des Shetland. Ces géants de l’Atlantique Nord sont célèbres pour leurs plongeons vertigineux, atteignant parfois 100 km/h lorsqu’ils transpercent la surface de l’eau à la poursuite des poissons.
Les falaises d’Hermaness, abruptes et battues par les vents, offrent un sanctuaire idéal pour la nidification : les courants ascendants y facilitent l’envol comme l’atterrissage. Chaque printemps, des milliers de fous de Bassan regagnent ces hauteurs, formant l’une des plus vastes colonies du Royaume-Uni. Photographier ces scènes spectaculaires au bord de précipices culminant à près de 200 mètres, sous des rafales pouvant atteindre 30 km/h, a représenté un véritable défi technique — mais aussi une expérience inoubliable au plus près de la nature sauvage.
Troisième place catégorie paysages marins en surface : Andrey Nosik

Paradise Harbour compte parmi les joyaux les plus spectaculaires de la péninsule Antarctique. Lors de mon passage, les eaux étaient d’un calme presque irréel, offrant un miroir parfait au glacier Suárez — également connu sous le nom de glacier Petzval. Son reflet, d’une netteté saisissante, semblait suspendu dans le silence polaire. Seul obstacle à cette harmonie : les vagues générées par notre propre embarcation. Pour préserver la pureté de l’image, j’ai dû m’allonger au fond du hors-bord, appareil en main, tandis que nous glissions lentement vers le front du glacier. Une manœuvre délicate pour capturer un instant de grâce dans ce paysage de fin du monde.
À travers ces images saisissantes, ce concours nous rappelle combien le monde sous-marin est à la fois majestueux, mystérieux et menacé. Chaque cliché est une fenêtre ouverte sur des écosystèmes souvent invisibles, un hommage vibrant à la vie marine et à ceux qui la protègent. Pour découvrir l’ensemble des images finalistes et vous laisser inspirer par la richesse visuelle et émotionnelle de cette édition 2025, rendez-vous sur le site officiel du concours : www.unworldoceansday.org.
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