Matériel photo

Canon élargit sa gamme RF avec un zoom fisheye 7-14 mm inédit

Parallèlement au Canon RF 14mm f/1.4L VCM, le fabricant nippon a également annoncé l’objectif Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5 L Fisheye STM, un zoom fisheye inédit pour la monture RF. Pensé pour les boîtiers hybrides plein-format EOS R, ce zoom fisheye redéfinit les limites du champ de vision avec une ouverture remarquable et une construction optique moderne. Après plus d’une décennie sans nouveauté significative dans ce segment chez Canon, ce 7-14 mm ouvre une nouvelle ère pour les amateurs de perspectives extrêmes.

Un champ de vision vertigineux

Avec le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L Fisheye, le constructeur japonais ne se contente pas d’améliorer une formule existante : il redéfinit les limites mêmes de ce que l’on attend d’un fisheye. À la focale minimale de 7 mm, l’objectif délivre un champ de vision sidérant de 190°, une valeur inédite pour un zoom plein format. On ne parle plus ici d’un simple ultra-grand-angle, mais d’une optique capable d’englober un véritable hémisphère visuel, jusqu’à capturer des éléments situés hors du champ frontal. 

Cette couverture extrême marque une rupture nette avec l’historique Canon EF 8-15 mm f/4L, référence du genre depuis plus de dix ans. Là où ce dernier culminait à 180°, le nouveau RF repousse encore les frontières, tout en adoptant une signature optique plus moderne et surtout plus lumineuse. Canon réussit ici un tour de force rare : proposer l’ultra-grand-angle le plus large et le plus lumineux jamais conçu par la marque, un positionnement qui ouvre de nouvelles perspectives créatives, notamment pour la photographie d’action, de sport, de paysages immersifs ou de scènes spectaculaires en mouvement.

À 7 mm, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L livre une image circulaire radicale, aux perspectives volontairement distordues. En zoomant, le cadre se remplit progressivement pour adopter un rendu fisheye diagonal couvrant près de 180°, offrant deux écritures visuelles distinctes au sein d’une même optique.

À 7 mm, le rendu est celui d’un fisheye circulaire, assumé, graphique, presque expérimental. En progressant dans le zoom, l’image bascule progressivement vers un fisheye diagonal, couvrant toujours environ 180° à la focale la plus longue. Cette transition fluide entre deux signatures visuelles distinctes confère à l’objectif une polyvalence inédite dans un registre pourtant très spécialisé.

Grâce à son champ de vision spectaculaire culminant à 190° à 7 mm, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L Fisheye redéfinit les codes du fisheye plein format.

Côté ouverture, Canon a fait le choix d’une formule variable, dictée par les contraintes optiques extrêmes. L’objectif ouvre à f/2.8 uniquement à 7 mm, avant de se stabiliser à f/3.2 dès 8 mm, puis à f/3.5 à partir de 11 mm. Une évolution progressive, cohérente, qui permet néanmoins de conserver une excellente capacité à travailler en basse lumière et à figer l’action, y compris dans des environnements difficiles.

Une formule optique intégralement repensée

Il serait tentant de voir dans ce RF 7-14 mm f/2.8-3.5L une simple transposition de l’ancien fisheye EF vers la monture RF. Ce serait une erreur. Canon est ici reparti d’une feuille blanche, avec une formule optique entièrement redessinée pour répondre aux exigences des capteurs plein format actuels. L’objectif adopte ainsi une architecture ambitieuse de 16 éléments répartis en 11 groupes, dont une proportion particulièrement élevée de verres spéciaux. L’intégration de cinq éléments à dispersion ultra-faible (UD) permet de contenir efficacement les aberrations chromatiques latérales, traditionnellement difficiles à maîtriser sur des champs de vision aussi extrêmes. À cela s’ajoutent deux éléments asphériques, chargés de contrôler la distorsion géométrique, la courbure de champ et la dégradation de netteté sur les bords, là où les fisheye classiques montrent souvent leurs limites.

Loin d’une simple adaptation de l’ancien fisheye EF, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L repose sur une architecture entièrement nouvelle pour maximiser la qualité d’image et limiter les aberrations.

Canon ne s’est pas arrêté à la seule correction des défauts optiques primaires. Les traitements de surface jouent ici un rôle clé. Le Super Spectra Coating limite les reflets internes et garantit une restitution du contraste plus homogène, même face à des sources lumineuses directes dans le cadre, une situation fréquente avec un objectif couvrant jusqu’à 190°. Le traitement Air Sphere Coating, quant à lui, vient renforcer la résistance au flare et aux images fantômes, un point crucial pour un fisheye utilisé en plein jour, en paysage ou en environnement urbain très contrasté. Un revêtement fluoré appliqué à la lentille frontale complète l’ensemble, facilitant le nettoyage et améliorant la résistance à l’humidité et aux traces.

Au-delà des chiffres et des matériaux, c’est surtout la philosophie de projection qui distingue ce nouvel objectif de son prédécesseur. Canon a fait le choix d’une projection équidistante, plus rigoureuse, qui répartit le champ de manière uniforme depuis le centre jusqu’aux bords. Cette approche se traduit par une restitution plus cohérente des proportions, avec une taille relative des sujets mieux respectée à travers l’image, quelle que soit leur position dans le cadre. À l’inverse, l’ancien EF 8-15 mm privilégiait une projection légèrement plus généreuse au centre, flatteuse dans certains cas mais moins fidèle. 

Avec l’objectif Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L, le fabricant adopte une projection équidistante plus rigoureuse, garantissant une restitution plus homogène des proportions du centre jusqu’aux bords, un atout clé pour les usages immersifs et les capteurs haute définition.

Autofocus et mise au point

Sur un objectif aussi atypique, la mise au point pourrait presque sembler secondaire. Canon a pourtant accordé une attention particulière à cet aspect, conscient que les usages modernes du fisheye dépassent largement la simple image spectaculaire. Le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L Fisheye adopte ainsi un système autofocus STM pensé pour conjuguer rapidité, douceur et discrétion, aussi bien en photographie qu’en vidéo. Dans la pratique, cette motorisation se montre parfaitement en phase avec les exigences des hybrides de la gamme EOS R. La mise au point s’effectue avec une grande fluidité, sans à-coups ni hésitations, un point crucial lorsqu’il s’agit de capturer des sujets en mouvement ou de réaliser des transitions de focus en vidéo. Le fonctionnement silencieux du STM prend ici tout son sens. Autre point particulièrement surveillé par les vidéastes : le focus breathing. Canon annonce ici des valeurs très contenues de seulement 0,4 % en grand-angle et 1,5 % en téléobjectif.

Doté d’un autofocus STM fluide et silencieux, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L se montre particulièrement adapté aux usages vidéo. Les transitions de mise au point s’effectuent sans à-coups, tandis que le focus breathing reste très contenu.

Canon a également soigné les performances à courte distance. La mise au point minimale descend à environ 15 centimètres, autorisant un grossissement maximal de 0,35× à 14 mm. Sur le terrain, cette capacité transforme radicalement l’approche créative. Il devient possible de placer le sujet à quelques centimètres de la lentille tout en conservant une lecture complète de l’environnement. L’effet d’immersion est saisissant, avec une accentuation spectaculaire des perspectives sans pour autant sacrifier la lisibilité du sujet principal.

Avec une mise au point minimale d’environ 15 cm et un grossissement atteignant 0,35× à 14 mm, le Canon RF 7-14 mm autorise des prises de vue au plus près du sujet, tout en conservant un environnement pleinement lisible.

La rigueur de la série L au service de l’extrême

Malgré son caractère résolument hors normes, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L Fisheye adopte une approche étonnamment mesurée sur le plan du gabarit. Canon a manifestement cherché à préserver un équilibre entre audace optique et ergonomie réelle sur le terrain. Les dimensions restent ainsi très proches de celles de l’ancien EF 8-15 mm f/4L, avec un peu plus de 10 centimètres de long et un diamètre maximal de 76 mm. Cette maîtrise du volume s’accompagne d’un poids de 476 g, sensiblement inférieur à celui de son prédécesseur reflex une fois monté sur un boîtier RF via une bague d’adaptation. Sur le terrain, cette différence améliore la maniabilité, notamment lors de prises de vue prolongées à bout de bras, de captations embarquées ou de tournages vidéo dynamiques, contextes dans lesquels ce fisheye a clairement vocation à s’exprimer. 

Malgré son champ de vision extrême, l’objectif Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L conserve des dimensions contenues et un poids de 476 g. Plus léger que son équivalent EF, il gagne en maniabilité, un atout précieux pour les prises de vue prolongées.

Sans surprise, Canon applique ici les standards de la gamme L. Le fût inspire confiance, avec une construction robuste mêlant alliages métalliques et matériaux composites de haute qualité. L’objectif bénéficie également de joints d’étanchéité destinés à protéger l’ensemble contre la poussière et l’humidité, une précaution bienvenue pour une optique souvent utilisée en extérieur, en montagne, en milieu urbain ou dans des conditions climatiques peu clémentes.

La contrainte majeure de ce type d’optique reste bien sûr l’impossibilité d’utiliser des filtres à l’avant. Canon répond à cette limite avec une solution élégante et éprouvée : un porte-filtre arrière intégré, directement accessible depuis la monture. Ce logement accepte des filtres circulaires spécifiques, identiques à ceux utilisés avec certaines bagues d’adaptation EF-RF de la marque. Il devient ainsi possible d’exploiter des filtres polarisants circulaires ou des filtres ND variables, y compris sur un zoom fisheye couvrant jusqu’à 190°. Un filtre transparent est fourni d’origine. À noter que celui-ci fait partie intégrante du trajet optique et doit impérativement être en place pour garantir les performances nominales de l’objectif.

Privé de filtres vissants en raison de sa lentille frontale bombée, l’objectif Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5L intègre un porte-filtre arrière compatible avec des filtres circulaires spécifiques, dont des polarisants et ND variables.

Prix et disponibilité

Canon a choisi d’intégrer ce zoom fisheye dans sa gamme L, reconnaissant ainsi sa place dans l’arsenal des optiques professionnelles. Avec son design robuste, son autofocus moderne, et sa capacité à produire des rendus visuels impossibles avec des objectifs standards, le Canon RF 7-14 mm f/2.8-3.5 L Fisheye STM annonce une nouvelle invitation à repousser les frontières de la créativité. Certes, son positionnement reste élitiste. Proposé à 1 799 € à partir du 26 février 2026, ce fisheye s’adresse avant tout à des photographes et vidéastes pleinement conscients de son potentiel. À ce niveau de prix, l’achat relève moins de la curiosité que d’une véritable intention artistique ou professionnelle. Mais à la différence de nombreux fisheye purement ludiques, ce RF 7-14 mm assume une approche technique et qualitative cohérente avec les exigences des capteurs haute définition. 

Face à lui, les alternatives existent, mais aucune ne propose un ensemble aussi homogène sur monture RF. L’ancien EF 8-15 mm f/4L reste une référence solide et plus abordable pour les utilisateurs acceptant l’usage d’une bague d’adaptation, mais il accuse aujourd’hui son âge, tant sur le plan de la luminosité que de la conception optique et vidéo. Du côté des optiques tierces, certains fisheye fixes offrent des solutions plus économiques, au prix d’une polyvalence réduite, d’une ouverture moins ambitieuse ou d’une intégration plus limitée aux boîtiers Canon récents.

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