Matériel photo

GoPro Mission 1 Pro ILS : la première GoPro à objectif interchangeable

Avec la Mission 1 Pro ILS, GoPro réalise probablement l’une des transformations les plus importantes de son histoire. Pour la première fois, une caméra de la marque abandonne l’objectif ultra grand-angle fixe au profit d’une véritable monture à objectifs interchangeables. Et pas n’importe laquelle : GoPro adopte une monture micro 4/3, ouvrant théoriquement sa nouvelle caméra à une immense variété d’optiques cinéma, macro, grand-angle, téléobjectifs ou encore objectifs anamorphiques. Une évolution qui éloigne définitivement la Mission 1 Pro ILS de la simple caméra d’action pour la rapprocher d’une étonnante caméra cinéma miniature. 

La première véritable GoPro à objectif interchangeable

Depuis ses débuts, GoPro a construit son succès autour d’un principe particulièrement simple : une caméra extrêmement compacte associée à un objectif très grand-angle permettant de filmer presque sans se soucier du cadrage ou de la mise au point. Même les récents modules optiques proposés sur certaines HERO restaient avant tout des compléments à un système photographique fermé.

La GoPro Mission 1 Pro ILS constitue donc une rupture fondamentale. La façade accueille désormais une véritable monture micro 4/3 permettant de retirer l’objectif et d’en installer un autre en fonction de la scène. Pour la première fois sur une GoPro, il devient ainsi possible de choisir réellement sa focale, sa profondeur de champ et le caractère optique de l’image. Un objectif macro peut transformer la caméra en outil destiné aux très gros plans, tandis qu’un téléobjectif permet d’isoler un sujet lointain. Une optique cinéma lumineuse peut au contraire obtenir une profondeur de champ bien plus réduite que l’esthétique traditionnellement associée aux caméras GoPro. Il devient même envisageable d’utiliser certaines optiques anamorphiques ou d’anciennes optiques cinéma à l’aide d’adaptateurs.

La Mission 1 Pro ILS est la première caméra GoPro à adopter une véritable monture micro 4/3, ouvrant la voie à l’utilisation d’objectifs grand-angle, macro, téléobjectif ou cinéma selon les besoins du tournage.

Une monture micro 4/3 mais sans électronique

Il existe cependant une nuance essentielle. Malgré l’utilisation d’une monture micro 4/3, la nouvelle GoPro Mission 1 Pro ILS ne dispose d’aucun contact électronique entre le boîtier et l’objectif. Elle ne prend donc pas en charge l’autofocus, pas plus que le réglage électronique de l’ouverture. Cela exclut de fait une grande partie des objectifs photo modernes Panasonic Lumix ou OM System, dont la mise au point et parfois le diaphragme dépendent entièrement de l’électronique. GoPro recommande donc des optiques disposant d’une mise au point manuelle et d’une ouverture mécanique ou fixe.

La réalisation de la mise au point peut cependant s’avérer complexe suivant les scènes. Si le boîtier dispose bien d’une fonction de focus peaking ainsi que d’un agrandissement pouvant atteindre x8 pour contrôler la netteté, son écran tactile arrière de seulement 2,59 pouces reste très petit. Un écran LCD de 1,4 pouce est également présent en façade, principalement pour contrôler le cadrage ou l’état de l’enregistrement. Sur le terrain, cette petite taille rend la mise au point précise assez délicate et plusieurs scènes qui apparaissent nettes à l’écran peuvent en réaliser manquer de précision une fois passé sur grand écran. La Mission 1 Pro ILS demande donc une approche très différente d’une HERO que l’on peut fixer, lancer et pratiquement oublier. Ici, contrôler régulièrement le point et l’exposition devient indispensable. Pour ce faire, GoPro accompagne justement sa nouvelle caméra d’une application baptisée Mission Monitor. Disponible gratuitement sur iPhone et iPad, celle-ci transforme l’appareil mobile en véritable écran de contrôle externe.

Contrairement à l’application Quik principalement pensée autour du Wi-Fi, Mission Monitor privilégie une liaison USB afin de limiter la latence. Elle permet d’afficher le retour vidéo sur une surface beaucoup plus grande, mais aussi d’accéder au focus peaking, à l’agrandissement pour la mise au point, aux zébras d’exposition, aux repères de cadrage et à la prévisualisation de LUT.

La nouvelle application GoPro Mission Monitor transforme un iPhone ou un iPad en véritable écran de contrôle externe, avec aperçu vidéo, focus peaking, zébras, repères de cadrage et prévisualisation des LUT pour faciliter la mise au point et l’exposition.

Un capteur 1 pouce de 50 Mpx 

Bien que la GoPro Mission 1 Pro ILS adopte une monture d’objectif micro 4/3, le capteur qui se cache derrière est en réalité un modèle 1 pouce de 50 Mpx identique à celui qui équipe la GoPro Mission 1 Pro. Cette particularité entraîne un facteur de recadrage d’environ 2,7x par rapport au plein format, qui atteint environ 3x avec la stabilisation HyperSmooth activée. Un objectif micro 4/3 de 17 mm produit ainsi un champ comparable à celui d’un 46 mm sans stabilisation et se rapproche d’un 50 mm avec la correction HyperSmooth. Pour retrouver un véritable grand-angle, il faudra donc privilégier des focales particulièrement courtes. GoPro cite par exemple un 6 mm qui correspond approximativement à un 18 mm en équivalent plein format une fois la stabilisation appliquée. 

Ce facteur de conversion peut paraître contraignant pour les prises de vue très larges traditionnellement associées à GoPro. Il devient en revanche particulièrement intéressant avec les téléobjectifs et la macro, où ce recadrage permet d’obtenir une forte amplification du sujet tout en conservant un système très compact. Le capteur adopte une structure Quad Bayer et bénéficie d’une lecture à double gain. GoPro annonce jusqu’à 14 stops de dynamique avec le profil GP-Log2, tandis que l’enregistrement 10 bits et l’espace colorimétrique Rec.2020 doivent faciliter l’intégration de la caméra au sein d’un véritable workflow de production et d’étalonnage.

Malgré sa monture micro 4/3, la GoPro Mission 1 Pro ILS conserve un capteur 1 pouce de 50 Mpx, capable d’offrir jusqu’à 14 stops de dynamique en GP-Log2 et une grande latitude pour l’étalonnage.

Vidéo jusqu’en 8K 60 i/s

La GoPro Mission 1 Pro ILS conserve surtout les impressionnantes capacités vidéo de la Mission 1 Pro. Elle peut enregistrer en 8K 16:9 jusqu’à 60 images par seconde, tandis que le mode Open Gate exploite toute la hauteur du capteur jusqu’en 8K 30 i/s. Ce dernier se révèle particulièrement intéressant pour les créateurs produisant simultanément des contenus horizontaux et verticaux. En enregistrant toute la surface du capteur, une même prise peut ensuite être recadrée en 16:9 pour YouTube ou en 9:16 pour TikTok, Instagram Reels ou YouTube Shorts sans devoir déterminer définitivement le cadrage au moment du tournage.

L’Open Gate est également disponible jusqu’en 4K 120 i/s, tandis que l’enregistrement 16:9 atteint l’impressionnante cadence de 4K 240 i/s. Le débit peut monter à 240 Mbit/s, et davantage encore en passant par le firmware expérimental GoPro Labs. À cela s’ajoute un mode 1080p capable d’atteindre 960 images par seconde pendant une dizaine de secondes. Sur le papier, très peu de caméras aussi compactes et abordables peuvent rivaliser.

La GoPro Mission 1 Pro ILS filme jusqu’en 8K 60 i/s, en Open Gate 8K 30 i/s et en 4K 240 i/s, avec même un mode 1080p à 960 i/s pour réaliser des ralentis spectaculaires.

Des ralentis spectaculaires, surtout en 4K

Les premières images tournées avec la Mission 1 Pro ILS montrent que le 4K 240 i/s constitue probablement l’une des fonctions les plus convaincantes de la caméra. La définition reste suffisamment élevée pour conserver une image détaillée et, surtout, le changement d’objectif permet enfin d’utiliser ce ralenti extrême autrement qu’avec un champ ultra grand-angle. Cette possibilité peut être particulièrement intéressante pour filmer du sport, des animaux, des insectes ou encore des expériences scientifiques. 

Le spectaculaire mode 1080p 960 i/s demande davantage de concessions. La capture est limitée à dix secondes, fonctionne uniquement en 8 bits et ne permet pas d’utiliser le profil GP-Log2. Les premiers essais montrent également une image sensiblement moins détaillée et plus bruitée qu’en 4K 240 i/s, avec un rendu beaucoup plus doux. 

Une qualité d’image étonnante pour un boîtier aussi compact

La qualité générale reste l’un des principaux points forts de cette nouvelle génération. On profite d’une image solide compte tenu des dimensions du capteur et surtout de celles du boîtier. La possibilité d’adapter de véritables optiques change également sensiblement le caractère des images produites. Avec une focale lumineuse, il devient notamment possible d’obtenir un arrière-plan réellement flou et une séparation du sujet nettement plus marquée. C’est un rendu que l’on associe rarement au nom GoPro et qui donne immédiatement à cette Mission 1 Pro ILS une personnalité très différente d’une action-cam traditionnelle.

Quelques limites apparaissent néanmoins, notamment en termes de dynamique. Les détails dans les ombres sont sensiblement plus propres en 4K qu’en 8K, obligeant parfois à choisir entre définition maximale et meilleure latitude dans les parties sombres. Les traitements d’image peuvent également s’avérer un peu très forts suivant les scènes. La caméra reste donc difficile à comparer directement à un hybride ou une caméra cinéma équipée d’un capteur plus grand. Il faut garder à l’esprit que l’intérêt principal réside avant tout dans le rapport entre dimensions, prix, cadence d’enregistrement et flexibilité des optiques.

La GoPro Mission 1 Pro ILS profite d’une qualité d’image convaincante pour un boîtier aussi compact, tandis que les objectifs interchangeables permettent désormais de jouer pleinement sur la profondeur de champ et le rendu des images.

Stabilisation HyperSmooth mais avec quelques limites

La célèbre stabilisation électronique HyperSmooth répond également présent. Elle peut être utilisée avec les objectifs rectilinéaires à focale fixe compris entre 6 et 500 mm, GoPro indiquant toutefois avoir validé plus spécifiquement les performances jusqu’à 50 mm. Plusieurs fisheyes manuels disposent aussi d’un profil dédié. La caméra doit connaître la focale employée afin d’appliquer correctement la correction. Cette stabilisation entraîne également un recadrage faisant passer le facteur de conversion d’environ 2,7x à environ 3x. 

Sur le terrain, la stabilisation HyperSmooth fonctionne efficacement avec des vitesses d’obturation élevées, notamment lorsque l’on filme à hautes fréquences. Avec une cadence de 24 i/s associée à une vitesse proche de 1/48 s, plus traditionnelle en vidéo cinéma, certains mouvements peuvent en revanche produire des traînées et des flous parasites. Dans ces situations, désactiver la stabilisation électronique et utiliser un petit stabilisateur mécanique peut fournir un résultat plus naturel. Il s’agit d’une différence importante avec un Panasonic Lumix GH7 ou d’autres hybrides équipés d’une stabilisation mécanique du capteur. 

197 grammes seulement

Toute cette technologie prend place dans un boîtier affichant seulement 197 g et environ 89,6 x 58,7 x 46,1 mm avec sa monture. Une compacité qui constitue probablement le véritable avantage de la Mission 1 Pro ILS face à un hybride classique. Elle peut être glissée dans l’habitacle d’une voiture, montée très près d’une roue, intégrée dans une structure ou placée dans des espaces où un Panasonic GH7, une Sony FX30 ou une caméra cinéma conventionnelle nécessiterait un support nettement plus encombrant. Elle conserve pour cela les traditionnelles tiges de fixation GoPro, un filetage 1/4″-20 ainsi que le nouveau système de fixation magnétique de la marque. L’ajout d’un objectif, d’une cage, d’un smartphone ou d’un moniteur réduit cependant rapidement cet avantage. En effet, la Mission 1 Pro ILS entièrement équipée pour faciliter la mise au point finit par atteindre un encombrement qui se rapproche davantage de celui d’un petit hybride vidéo. 

Une GoPro également capable de photographier en 50 Mpx 

Même si la vidéo constitue clairement sa vocation principale, la Mission 1 Pro ILS peut également prendre des photos jusqu’en 50 Mpx avec une définition de 8192 x 6144 pixels. Elle propose des fichiers JPEG et RAW au format GPR, ainsi qu’un mode rafale pouvant atteindre 60 images par seconde. Il est également possible d’extraire des images fixes allant jusqu’à Mpx depuis certaines vidéos 8K. Pour autant, difficile de considérer cette caméra comme une véritable alternative à un hybride pour la photographie. L’absence d’autofocus, le petit écran et l’ergonomie pensée avant tout pour la vidéo rendent son utilisation photographique beaucoup plus ponctuelle.

En complément de ses capacités vidéo, la GoPro Mission 1 Pro ILS peut également capturer des photos de 50 Mpx en JPEG ou RAW et réaliser des rafales jusqu’à 60 i/s.

Prix et disponibilité

La nouvelle GoPro Mission 1 Pro ILS est dès à présent accessible en pré-commande au tarif de 699,99 € ou de 599,99 € pour les abonnés GoPro éligibles. Elle proposera alors une solution unique ne remplaçant pas une GoPro HERO pour partir surfer ou skier sans se préoccuper de la mise au point. Elle ne remplacera pas davantage un Panasonic Lumix GH7, une Sony FX30 ou une caméra cinéma conventionnelle pour assurer l’intégralité d’un tournage. Ces appareils proposent des capteurs plus grands, un autofocus, une stabilisation mécanique et une ergonomie beaucoup plus adaptée à une utilisation autonome. En revanche, aucun de ces modèles ne tient dans un boîtier de 197 grammes capable de filmer en 8K 60 i/s ou en 4K 240 i/s tout en acceptant de véritables optiques interchangeables. GoPro semble avoir compris qu’elle ne pouvait plus uniquement chercher à perfectionner éternellement le concept de l’action-cam. Avec la gamme Mission, le constructeur commence à exploiter son expertise de la miniaturisation pour s’aventurer sur le territoire des caméras professionnelles.

Partager cet article

Valentin Lefort

Valentin Lefort est journaliste spécialisé en photographie et fondateur de Vivre-de-la-photo.fr. Passionné par l’image depuis de nombreuses années, il partage son expertise à travers des guides, conseils techniques et tests de matériel destinés aussi bien aux débutants qu’aux photographes confirmés. Son approche mêle terrain, pédagogie et expérience professionnelle afin d’aider chacun à progresser et à développer sa créativité photographique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *